Les femmes de l’opposition républicaine se sont fortement mobilisées ce mercredi le 28 mars à Kaloum pour protester contre les « tueries ciblées » visant leurs militants lors des manifestations de rue à Conakry.
Cette marche dite « blanche » est partie du carrefour du Buffet de la Gare jusqu’au ministère de la Justice, en scandant des slogans relatifs à ce qu’elles qualifient « d’assassinats ciblés ».
« Justice à nos morts », « Libérez nos enfants », « Arrêter d’assassiner nos enfants », étaient entre autres, des slogans scandés par les femmes habillées en blanc avec des foulards rouges.
Les manifestantes ont parcouru une distance d’environ 600 mètres en brandissant des banderoles et des pancartes sur lesquelles sont flanquées les effigies des victimes des récentes manifestations de l’opposition.
Arrivées, au ministre de la Justice, les femmes de l’opposition ont chanté en chœur l’hymne nationale de la République de Guinée pour accueillir le ministre dudit département, Me Cheick Sako, devant lequel elles ont lu un mémorandum.
« Aidez-nous monsieur le ministre à sortir ceux qui tuent nos enfants »
Devant le ministre de la Justice, la vice-présidente du comité des femmes de l’UFDG, Mme Bah Maimouna Diallo a demandé l’arrêt des tueries des militants de l’opposition, avant de réclamer justice contre les auteurs de ces crimes.
« On est fatiguées de voir nos enfants tués dans la rue comme des poulets par ceux qui sont censés nous défendre. Nous venons humblement vers votre auguste personne, monsieur le ministre, pour vous demander qu’il faut que cela s’arrête. Car, on est tous des Guinéens ; on n’a pas où aller, car nous ne connaissons que ce pays, où sont nés nos enfants (…). Nous en appelons à votre sens de responsabilité et à votre esprit de papa. Figurez-vous, mettez-vous à la place des papas de ces enfants tués. Jamais, on n’a eu la compassion du gouvernement. On a enregistré 95 victimes. Jamais une enquête n’a été ouverte dans ce sens », a-t-elle déclaré.
« Nous venons à vos pieds au nom de ce pays, au nom des pouvoirs que vous exercez, au nom des responsabilités que vous avez, vous déposer un mémorandum dans lequel nous vous demandons humblement de faire justice pour nos enfants et que ces tueries s’arrêtent. N’oubliez pas que c’est l’avenir du pays qui est en jeu. N’oubliez pas qu’il y a des maris qui sont tués laissant derrière eux des enfants. Dites-vous que ce n’est pas les femmes de l’opposition seulement qui sont là ; ce n’est pas une ethnie qui est là, c’est la maman, c’est la femme guinéenne, c’est un cri de cœur des mamans. Entendez et acceptez cela monsieur le ministre. L’histoire est écrite, c’est à votre charge. C’est vous qui devez jouer votre rôle ; et nous nous en souviendrons. Il y a beaucoup de choses à faire dans ce pays que de tuer nos enfants, l’avenir du pays. Prenez vos responsabilités et aidez nous monsieur le ministre à sortir ceux qui tuent nos enfants », a insisté Mme Maimouna Bah.
Vers le procès des présumés auteurs de crimes
« En tant que ministre de la Justice, je suis ici pour faire appliquer la loi à l’encontre des auteurs de ces assassinats en respectant les textes. Je vous dis bien que cela sera fait. Vous aurez la réponse de vos courriers officiellement ainsi que le tableau concernant les cas de décès, car il y a rien à cacher dans cette affaire. Ces présumés auteurs qu’ils soient du côté de l’opposition ou de la mouvance, ils seront arrêtés et punis conformément à la loi », a-t-il promis.
« Ceux qui disent que la justice ne fait rien dans notre pays, on va leur démontrer le contraire. On peut dire que la justice est lente dans notre pays comme c’est le cas par tout, mais il faut que les gens se départissent de la passion. Je vous rassure que nous serons en mesure de faire traduire les responsables devant les juridictions compétentes dans les jours à venir », a indiqué Me Cheick Sako, promettant de répondre par écrit les requêtes formulées par les femmes de l’opposition.
Malgré l’inquiétude qui planait, la marche des femmes de l’opposition s’est déroulée sans aucun incident.
Facely Diawara et Boubacar Sidy Bah



























