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OGP : Le DG se dirige vers la faillite avec une masse salariale de plus de 453 millions GNF


Depuis la nomination de Paul Moussa Diawara en avril 2014 à la tête de l’Office guinéen de publicité (OGP), ce service relevant du ministère de la Communication connait une gabegie sans précédent qui conduit aujourd’hui à une hémorragie financière sous le silence coupable du ministère de tutelle.

A l’OGP, un service créé en 1986, renflouer les caisses de l’Etat n’est plus une priorité, car la course à l’enrichissement illicite a pris le dessus sur toutes les bonnes actions posées par les responsables de ce service public qui, il faut le reconnaitre, s’il était bien géré, pourrait considérablement booster les fonds du trésor public.

Mais, hélas ! L’arrivée de Paul Moussa Diawara à la tête de ce service est perçue par plusieurs analystes et employés de l’OGP comme un danger pouvant le conduire à sa faillite imminente.

Conscient de ce danger, le président Alpha Condé a mis en place un conseil d’administration de onze personnes présidé par l’actuel ministre de la Culture et des Sports, BantamaSow, secondé par l’ex-ministre Amirou Conté.

Après la mise en place du conseil d’administration, ses membres ont été surpris de comprendre que la gabegie continuait toujours à être entretenue au sein de l’OGP.

Pour freiner le gaspillage des fonds de l’OGP, le conseil d’administration a pris plusieurs dispositions devant limiter les avantages et les privilèges ostentatoires accordés à ses responsables.

Le DG de l’OGP plus payé que le président Alpha Condé

Après sa mise en place, le conseil d’administration a pris un premier acte qui avait pour but de faire l’état des lieux des salaires du personnel de l’OGP. Au bout du compte, les membres du conseil se sont rendus compte que les responsables de ce service se sont attribués des salaires exorbitants au grand dam des autres employés de la boite qui, pourtant, font le plus dur du travail.

Tenez ! Après l’état des lieux des salaires à l’OGP (dont Conakryinfos a reçu copie), il a été révélé que son directeur général, Paul Moussa Diawara était payé à 58 millions GNF dont 20 millions de prime, tandis que son adjointe percevait 38 millions GNF dont 15 millions de prime.

Après ce constat amer, le conseil d’administration a indiqué qu’il est inadmissible que le directeur général de l’OGP soit plus payé que le président de la République. Il a ainsi demandé de diminuer drastiquement les salaires des responsables pour les redistribuer à ceux des autres travailleurs de la boite.

Avec cette décision des membres du conseil d’administration, Paul Moussa Diawara a décidé de les défier de façon intelligente en faisant venir discrètement ses proches au sein de l’OGP.

L’arrivée massive des responsables du parti MPD à l’OGP

Avec les décisions du conseil d’administration dirigé par l’indéboulonnable BantamaSow, Paul Moussa Diawara a préféré promouvoir les cadres de son parti MPD au sein de l’OGP pour leur faire bénéficier de la redistribution des salaires exorbitants des responsables.

C’est ainsi qu’il a fait nommer le secrétaire général de son parti MPD, Ousmane Camara ‘’OC’’ au poste de Responsable Clientèle et Marketing et une de ses proches Manamba Condé au poste de Responsable Régies. Mais des voix se sont aussitôt élevées pour dénoncer la nomination de OC qualifiée de népotisme.

Sous la pression des critiques, le secrétaire général de MPD a été remplacé par Djely Mady Cissoko, qui était le chef d’agence de l’OGP de Matoto.

Mais malgré son limogeage, Ousmane Camara ‘’OC’’ continue toujours de servir à l’OGP, où il est plus actif actuellement sur le terrain avec les gendarmes pour faire fermer les établissements qui n’honoreraient pas leurs engagements vis-à-vis de l’OGP.

Outre OC, un autre membre de MPD, Jean Ouendeno a également fait son entrée à l’OGP, où il fait un cumul de fonctions en dirigeant à la fois deux postes clés, notamment le poste de Coordinateur général et celui de Responsable Contentieux.

Tous ces maux dont souffre l’OGP ont été dénoncés dans un mémorandum (dont Conakryinfos a reçu copie) que les travailleurs de ce service ont adressé le mardi 03 novembre 2017 au ministre de la Communication, Rachid N’Diaye, afin d’attirer son attention sur leur situation administrative actuelle.

MPD, un pseudo-allié du RPG Arc-en-ciel !

Grâce aux fonds de l’OGP, Paul Moussa Diawara réussit aujourd’hui à financer les activités de son parti MPD qu’il affiche aux yeux des imbéciles comme un allié du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel. Alors qu’il n’est qu’un pseudo-allié se servant de l’image, de la réputation et du nom du parti présidentiel pour parvenir à ses fins. Une pratique que l’intrépide BantamaSow n’a pas manqué de dénoncer récemment lors d’une assemblée hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel à son siège de Béhanzin, à laquelle avait pris part Paul Moussa Diawara.

Le président de MPD et ses lieutenants sur le terrain politique.

N’étant propriétaire d’aucune entreprise, le DG de l’OGP vient de prendre la présidence du club Niandan FC de Kissidougou, où il a déployé de gros moyens pour financer les travaux de rénovation du stade préfectoral. Un acte passé sous silence au vu et au su du département de tutelle.

Selon une source digne de foi, l’actuel directeur général de l’OGP, Paul Moussa Diawara envisagerait de présenter sa candidature à la présidentielle de 2020 sous la bannière de son parti MPD.

Dévirement des travailleurs de l’OGP

Avec la gestion opaque de l’OGP par Paul Moussa Diawara, ce service connait aujourd’hui une crise sans précédent dans le paiement de ses travailleurs. Pourtant, avant l’arrivée du nouveau directeur général, ces travailleurs qui étaient tous virés dans les banques primaires, percevaient leur salaire à partir du 26 de chaque mois.

Mais aujourd’hui, la mauvaise gestion aidant, les travailleurs de l’OGP de Conakry peuvent voir parfois leur salaire retarder jusqu’au 10 du mois. Quant aux travailleurs des agences de l’OGP à l’intérieur du pays, il y en a qui peuvent rester sans salaire jusqu’au 15 du mois.

Face à cette crise qui mine l’OGP au vu et au su de tout le monde, la direction générale a décidé de dévirer tous les travailleurs pour faire face au retard de paiement dû à l’hémorragie financière que connait ce service qui, autrefois, était bien géré.

Aujourd’hui, à l’OGP, tous les travailleurs sont payés au billetage au grand dam des précédents directeurs qui ont initié le paiement par virement.

Depuis le dévirement des travailleurs de l’OGP, les banques primaires dans lesquelles ces travailleurs ont pris des dettes sont actuellement confrontées à un énorme problème de remboursement des dettes contractées.

Les comptes de l’OGP bloqués à la BCRG et au trésor public

Malgré les milliards de redevances publicitaires que payent les sociétés de téléphonie mobile et d’autres régies et agences de publicité, l’OGP refuse catégoriquement de payer des taxes à l’Etat. C’est ainsi que la direction nationale des impôts, sous la houlette de son directeur général, Aboubacar Makhissa Camara, a formellement écrit récemment aux sociétés de téléphonie mobile de ne plus payer un centime à l’OGP dans le cadre du paiement des redevances publicitaires.

Une décision que ces sociétés ont appliquée à la lettre au grand de Paul Moussa Diawara qui profitait du laxisme du ministère de tutelle pour utiliser tous ces fonds à d’autres fins.

Aux dernières nouvelles, une négociation entre la DNI et l’OGP a permis de débloquer la situation permettant ainsi aux sociétés de téléphonie de recommencer à payer leurs redevances.

Selon une source proche d’Orange-Guinée, cette société vient de payer à l’OGP pour le compte du mois de septembre un montant de plus de 850 millions GNF comme redevances publicitaires. Une somme qui a permis à l’OGP de payer les salaires de ses travailleurs pour le compte du mois de septembre.

En outre, de sources concordantes, les comptes de l’OGP à la BCRG et au trésor auraient été bloqués pour mauvaise gestion des fonds.

Dans l’optique de continuer à dilapider autrement les fonds de l’OGP, la direction générale vient d’ouvrir un nouveau compte à First Bank International, située à la Cité des Chemins de fer, en lieu et place de la BCRG où sont domiciliés les comptes de tous les services publics. Une décision qui viole ainsi les instructions du président Alpha Condé qui a demandé à tous les services publics d’ouvrir leurs comptes à la BCRG.

Malgré l’ouverture de ce nouveau compte à First Bank International, une banque primaire, les travailleurs de l’OGP continuent de percevoir leurs salaires au billetage au grand dam des employés qui ont contracté des dettes dans les banques primaires dans lesquelles ils étaient virés.

Bras de fer avec le Gouvernorat et les communes de Conakry

Outre la Direction nationale des impôts, un autre bras de fer aux conséquences imprévisibles vient de naître entre l’OGP et le Gouvernorat de Conakry, ainsi que les cinq communes, auxquelles, Paul Moussa Diawara refuse catégoriquement de verser les redevances dans la gestion des différents panneaux publicitaires installés dans leurs circonscriptions respectives. A en croire une source proche de l’OGP, ces redevances qui ne sont pas payées depuis plus de deux ans s’élèveraient à plus de 200 millions de francs guinéens par an.

Pour lier l’acte à la parole, le président de la délégation spéciale de Matoto avait mis en place une équipe pour enlever tous les panneaux relevant du ressort de l’OGP à partir du vendredi 10 novembre 2017.

Face à cette menace de la mairie de Matoto, le directeur général de l’OGP, Paul Moussa Diawara aurait promis, devant l’agent judiciaire de l’Etat, de payer les redevances publicitaires aux cinq communes de Conakry. Il aurait promis de payer 25% des redevances à partir du 16 novembre 2017 et le reste (80%) le 8 décembre 2017.

A cela s’ajoute un autre bras de fer de l’OGP avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), où les cotisations des travailleurs ne sont plus versées, bien que la direction continue de prélever ces cotisations sur les salaires des travailleurs.

La masse salariale de l’OGP passe de la cinquantaine à plus de 453 millions GNF

Selon nos sources, à l’arrivée de Paul Moussa Diawara à la tête de l’OGP, le personnel de ce service comptait une vingtaine de travailleurs qui se retrouve aujourd’hui à plus de 300 employés.

Au départ, si la masse salariale mensuelle de l’OGP était à une cinquantaine de millions de francs guinéens, de nos jours, elle se retrouve à plus de 453 millions de francs guinéens.

Requinqué autrefois par les redevances publicitaires payées par les sociétés de téléphonie mobile ayant conduit aux recrutements fantaisistes au sein de l’OGP, la direction générale a du mal actuellement à faire face à la gestion des salaires du personnel dont la pléthore risque de causer d’énormes problèmes à cette boite.

L’inauguration du stade préfectoral de Kissidougou après sa rénovation par le DG de l’OGP.

Aujourd’hui, le bras de fer de l’OGP avec le Gouverneur Mathurin Bangoura et les cinq communes de Conakry, ainsi que les différentes préfectures du pays, risque fort de faire tomber ce service en faillite.

Malgré toutes nos tentatives d’entrer en contact avec la direction générale de l’OGP pour sa version des faits, nos efforts ont été vains.

Selon un agent de l’OGP requérant l’anonymat, les comptes de l’OGP à la BCRG et au trésor public restent toujours bloqués à cause de la mauvaise gestion de ses fonds.

Somme toute, tous les bras de fer que connait l’OGP aujourd’hui augurent un lendemain sombre et incertain causé par la mauvaise gestion sous la houlette de Paul Moussa Diawara qui continue de faire parler de lui.

A quand la fin de la recréation à l’OGP dont les fonds continuent d’être dilapidés ?

Dans nos prochaines publications, la Rédaction de Conakryinfos publiera tous les documents liés à la mauvaise gestion actuelle de l’OGP, contrairement aux temps de Fodéba Isto Keira, d’Amirou Conté et Frederick Kolié.

 

Boua King

Tel : 669 85 20 20

Une copie de la facture de l’OGP adressée à MTN-Guinée à hauteur de 1 milliards 35 millions GNF (période Juillet-Août-Septembre).

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