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Faillite de la BADAM: l’AGUB exige le remboursement des clients


[dropcap]L[/dropcap]’Association guinéenne des usagers des banques (AGUB) a organisé ce lundi à Kaloum, une marche pacifique pour aller déposer au niveau du gouvernement et de la BCRG, des lettres de plaidoyer pour le remboursement des victimes de la faillite de la BADAM (Banque africaine pour le développement agricole et minier), a constaté Conakryinfos.

Le siège social de la BADAM à Almamya

Le siège social de la BADAM à Almamya

Composés d’une dizaine de personnes, les manifestants accompagnés par l’association des anciens clients de la BADAM, brandissaient une banderole sur laquelle peut-on lire ’’Rembourser les victimes de la BADAM pour encourager la bancarisation en Guinée’’.

Au cours de sa marche pacifique, l’AGUB a adressé des lettres de plaidoyer au président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Economie et des Finances et au gouverneur de la BCRG pour solliciter leur implication dans le remboursement des dix mille clients de cette banque qui a fait faillite en novembre 2011.

Pour le président de l’AGUB Lansana Diawara, la faillite de la BADAM laisse les autorités indifférentes au sort des clients qui, selon lui, ont pourtant cru au changement prôné par le président Alpha Condé.

‘’Cette banque mise en place par les autorités du système monétaire de la Guinée est entrée en faillite depuis trois ans ; et rien n’est fait pour rembourser ceux qui y avaient déposé leur fortune’’, a-t-il rappelé.

Dans la lettre de plaidoyer, M. Diawara accuse la BCRG d’être responsable des dommages que la BADAM a fait subir à ses clients.

‘’La responsabilité de la BCRG dans ce krach est totale par le fait que cette institution de supervision des établissements de crédit a délivré l’agrément à la BADAM en violation manifeste des dispositions de loi L/2005/010/An du 04 juillet 2005 portant réglementation des établissements de crédit en Guinée’’, a-t-il dénoncé.

‘’Celle-ci prévoit que le capital social des établissements de crédit ne peut pas être inférieur à un montant minimum fixé par décision du comité d’agrément. Ce capital minimum pour l’installation ou l’ouverture d’une banque est de 50 milliards GNF alors que la BADAM a été agréée avec un capital social de moins de 10 milliards GNF’’, a révélé le président de l’AGUB.

Face aux difficultés financières auxquelles sont confrontés les anciens clients de la BADAM, l’AGUB monte au créneau pour attirer l’attention du gouvernement sur les risques de troubles chez les victimes de la faillite de cette banque.

‘’La situation est devenue très délétère. Pour ne pas qu’elle tourne à la violence, nous entreprenons de déposer d’abord des lettres de plaidoyer auprès des acteurs à tous les niveaux avant de recourir aux manifestations de rues’’, a averti Lansana Diawara.

Parlant de la grâce présidentielle accordée à l’administrateur de la BADAM Moriba Keita qui a é été condamné à trois de prison, Moussa Sacko, le président du comité de soutien aux victimes de la BADAM a exprimé toute son indignation vis-à-vis de ce geste du président de la République.

‘’Nous sommes meurtris et frustrés par la grâce présidentielle accordée à l’administrateur de la BADAM Moriba Keita qui a été jugé et condamné à 3 ans de prison ferme. Je crois que le président de la République a commis une grosse erreur en graciant ce monsieur qui est à l’origine de tous les maux dont nous souffrons aujourd’hui’’, a-t-il martelé.

Créée en 2009 par des promoteurs guinéens avec une participation de l’Etat guinéen, la BADAM est tombée en faillite en novembre 2011 avec un effectif total de 10 mille clients auxquels la banque reste devoir 36 milliards GNF. Avec cette faillite, l’Etat guinéen s’était engagé à payer 16 milliards à travers la loi des finances de 2012.

Boubacar Sidy Baldé

Conakryinfos.com

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