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David Camara de la NGR : ‘’Alpha Condé a posé des actes qu’aucun candidat n’aurait pu poser’’


[dropcap]L[/dropcap]e secrétaire général de la Nouvelle Génération pour la République (NGR), et président de la Commission Ressources Naturelles, Environnement et Développement Rural de Guinée, David Camara a accordé une interview à bâtons rompus à notre rédaction, à son bureau sis à l’Assemblée nationale, le mercredi 9 juillet 2014.

David-camara2014-630x300 Au cours de cet entretien, l’H. David Camara est revenu sur le déroulement de la session des lois qui vient d’être clôturée, le retrait et le retour de l’opposition des activités parlementaires. Mais aussi du ralliement de la NGR à l’opposition puis au RPG arc-en-ciel en passant par la situation sociopolitique de la Guinée et beaucoup d’autres sujets importants. Lisez

Aminata.com : Bonjour Honorable. Est-ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour Aminata.com, mon nom est David Camara. Je suis le secrétaire général de la nouvelle génération pour la République (NGR) du président Ibrahima Abe Sylla. Je suis l’unique député de ce parti au sein de cette Assemblée Nationale dans laquelle le Peuple de Guinée place tout son espoir aujourd’hui. En tant que député, j’ai eu la chance d’avoir la confiance de mes collaborateurs pour faire de moi, le président d’une des commissions les plus importantes de cette Assemblée nationale qui est la commission ressources naturelles environnement et développement rural qui peut être considérée à juste titre comme l’épine dorsale pour le développement d’un pays comme le nôtre. Donc, me confier une commission telle que celle-là, constitue un grand honneur qu’on a fait à mon parti NGR. Et cet honneur j’entends tout à fait le mériter et en être à la hauteur.

Honorable président, vous venez de boucler une session parlementaire en l’occurrence la session des lois qui a pris 3 mois. A laquelle session vous avez eu à débattre un certain nombre de projets de lois. Est-ce que vous pouvez revenir sur les travaux qui l’ont marqué?

C’est vrai, nous sortons d’une session parlementaire appelée dans le vocabulaire consacré, la session des lois. Je me réjouis que pour une fois en Guinée, l’on commence à respecter un tout petit peu les calendriers. Cette session devait durer 3 mois et elle a duré effectivement 3 mois. Elle a commencé le 7 avril et on l’a clôturée le 7 juillet. Ça signifie que c’est un très bon signe déjà à l’endroit de tous ceux qui doutaient d’une reprise en mains possible ou de la remise possible de ce pays sur les rails. La session des lois, elle a commencé sur les chapeaux de roues, il faut le reconnaitre, pour la raison bien simple que, l’Assemblée nationale se trouve dans les locaux du Palais du Peuple, bâtiment qui n’avait pas du tout été conçu pour abriter une telle institution et qui plus est, était dans un état de délabrement total.

Ce qui explique que cette Assemblée avant de s’attaquer véritablement à son travail avait cherché d’abord à créer un cadre de travail plus ou moins vivable et acceptable pour permettre aux députés d’être dans un environnement leur permettant de se consacrer à l’essentiel du travail pour lequel ils ont été élus. Il a fallu trouver de nouveaux mobiliers de bureaux, refaire les toilettes, refaire le système de climatisation etc ……

Justement, M. le président on veut savoir les différents textes que vous avez eu à débattre. Et lesquels vous ont réellement marqués et pour quelle raison? Puisse que vous êtes le président d’une commission qui n’est pas banal?

Je vous disais tantôt qu’on avait commencé par créer le cadre de travail et quand vous créez un cadre de travail, c’est pour y faire un travail bien déterminé. A cet égard, le travail pour lequel on était là, c’était justement, soit de proposer des lois, soit de se prononcer sur la ratification ou la non ratification de toutes les lois que le gouvernement nous proposerait. Mais, nous nous sommes dit qu’avant de s’atteler à quoi que ce soit, il fallait commencer par le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale elle-même qui allait définir les conditions dans lesquelles cette Assemblée allait évoluer. C’est ainsi que nous avions privilégié le règlement intérieur qui nous a pris quelques semaines de travail. Mais malheureusement la majorité présidentielle et l’opposition n’ont pas réussi à s’entendre sur trois articles dudit règlement. Ce qui veut dire que cette nouvelle Assemblée continue à fonctionner encore avec l’ancien règlement intérieur qui date de 1995.

En plus du règlement intérieur, il y a eu tous ces grands projets miniers qui ont vraiment occupé le clair de notre temps à l’Assemblée. Il y’a eu aussi d’autres projets de lois notamment, ceux qui concernaient la ratification de certaines conventions qui relevaient de ma commission à savoir : la convention de MINAMATA qui portait sur le mercure et la convention sur les ressources génétiques. Mais comme c’étaient des sujets assez techniques et professionnels, ils ont été évacués très rapidement, parce qu’il s’agissait tout simplement de faire comprendre à la population guinéenne le danger du mercure qu’on retrouve partout dans notre environnement à commencer par le savon et en passant par les lampes d’éclairage. Donc, convaincre les députés quant à la ratification d’une telle convention, ça n’a pas été du tout compliqué pour nous. C’est la même chose sur les ressources génétiques.

Pour votre information, moi je pensais que les mines en tant que ressources naturelles relevaient de ma commission. Mais, j’avais été très surpris du fait que les mines n’étaient pas de ma commission, tout comme l’énergie d’ailleurs. Mais je tiens à préciser que notre présence à l’Assemblée doit se caractériser d’abord par la recherche de l’efficacité et non par une fixation sur les attributions. C’est vous dire que pour nous, que les mines et l’énergie aient été confiées à une autre commission ou pas, l’essentiel est que le travail soit bien fait. Et je dois vous avouer que la commission à la quelle le domaine des mines a été confié est une commission qui a fait du très bon travail par rapport à tous les dossiers qui lui ont été confiés. Ces dossiers sont entre autres : le dossier de Rio Tinto qui est un des plus grands projets de par son gigantisme que l’Afrique ait connus ces dernières années, parce qu’un projet qui met en branle 20 milliards de dollars ne court pas les rues et n’est pas si fréquent. Le gouvernement guinéen a inscrit d’ailleurs ce projet dans le cadre du développement de toute une partie du pays qu’il a appelée le « corridor sud-est » pour le développement économique de la Guinée. Ce projet qui concerne les blocs 3 et 4 du Simandou va mobiliser 4,6 milliards de dollars pour les mines, 7,1 milliards de dollars pour le chemin de fer transguinéen de 650 km, 4,1 milliards de dollars pour le port en eau profonde à Senguelé (Forécaréah) et 2,5 milliards de dollars pour les autres infrastructures d’appui et les aménagements. Avec un chiffre d’affaire de 7,6 milliards de dollars résultant d’une production maximale de 100 millions de tonnes par an et une création de 45000 emplois directs et indirects, voilà un un projet qui va doubler purement et simplement la richesse du pays.

En plus du projet Simandou, il y a eu le projet Guinea Alumina Corporation (GAC) qui au premier abord peut paraître moins ambitieux que Rio Tinto, mais reste non moins attrayant quand on sait que ce projet qui va débuter par une exportation de la bauxite entre 2014 et 2017, se poursuivra avec la construction d’une raffinerie d’alumine à Sangaredi entre 2018 et 2022 avec un investissement de 4 milliards de dollars et une production 2 millions de tonnes par an. Avec 11000 emplois directs et indirects, une augmentation substantielle de la production de CBG, 300 à 700 millions de dollars par an de contribution PIB et 400 à 500 millions dollars par an au titre de la balance commerciale, ce projet va assurer le développement de cette autre partie de la Guinée que le gouvernement appelle désormais le « corridor nord-ouest ».

Ensuite nous avons eu à nous prononcer sur le 3ème projet minier qui est celui de Alliance Mining Commodities (AMC) que nous avons ratifié avant la clôture de la session. Un projet pour lequel j’ai été particulièrement heureux dans la mesure où, il concerne l’une des zones les plus déshéritées de notre pays à savoir, la région de Gaoual qui a toujours été un endroit oublié par tous les régimes successifs du pays. Ce projet sur 25 ans de près d’un milliard de dollars d’investissement, va réaliser un chemin de fer multi-usagers de 126 km et va transporter sa bauxite dans des barges par voie fluviale sur 90 km, barges qui seront transbordées par la suite dans des navires de 150000 tonnes. Il va générer 2 milliards de revenu sur 22 ans pour l’Etat Guinéen, 300 à 450 emplois directs et indirects, 250 millions de dollars de taxes sur les salaires et le carburant.

Il faut donc saluer ce projet qui nous offre aujourd’hui une chance extraordinaire de désenclavement économique de Gaoual à travers les communes rurales de Koumbia et de Wendou Bour.

Nous nous sommes également prononcés sur bien d’autres projets portant sur des prêts à des conditions qui frisent le don, sur les statuts de la banque centrale, sur l’organisation et la règlementation des activités statistiques, sur la coopération militaire avec la France, sur une kyrielle de conventions avec le Maroc et j’en passe.

Si vous me demandez les projets qui ont le plus retenu mon attention, c’est ces projets miniers et les 2 projets portant sur les conventions de Minamata et de Nagoya.

Vous êtes le président de la commission environnement, cet aspect est très déterminant au niveau des conventions minières. Par rapport à ce que vous avez eu à étudier et adopter. Quel a été votre point de vue sur le respect des engagements au niveau de l’impact environnemental sur les localités qui vont abriter ces mines ?

Vous pensez bien qu’en tant que président de la commission ressources naturelles, environnement et développement rural, il est hors de question de parler aujourd’hui de projets miniers sans parler de leur impact environnemental et social pour la simple raison que le problème environnemental n’est plus un problème local, mais plutôt un problème qui se situe à l’échelle planétaire. Parce que finalement, c’est le monde entier qui s’est rendu compte qu’à force de s’être préoccupée très peu ou pratiquement pas du problème environnemental, l’humanité s’est exposée de plus en plus à toutes ces grandes catastrophes qui ont pour nom inondations, éboulements de terrain, typhons, ouragans, cyclones, tornades, tempêtes, sécheresse , désertifications, déséquilibres de l’écosystème et menaces sans précédent sur la biodiversité.

Nous sommes donc occupés à détruire consciemment ou inconsciemment ce cadre de vie qui nous permet justement d’être en vie. En d’autres termes, nous sommes occupés à scier la branche de l’arbre sur laquelle nous sommes assis parce que quand vous détruisez votre cadre de vie, vous vous condamnez à disparaître.

Faut-il rappeler que si les dinosaures ont disparu, c’est parce que justement les conditions dans lesquelles ils évoluaient avaient changé.

Cela veut dire que l’enjeu est de taille et c’est pourquoi, nous avons été particulièrement vigilants sur les résultats des études d’impact socio-environnemental pour tous ces projets miniers.

Nous avons été rassurés que ces études ont toutes été faites conformément aux normes et conditions de la Banque Mondiale (BM) et de la Société Financière Internationale (SFI) qui sont des grandes institutions d’accompagnement de grands projets.

Pour la petite histoire, ces institutions ne mettent pas un centime dans un projet s’il ne respecte pas ces normes socio-environnementales qui mettent un accent particulier sur les aspects liés à la pollution et à la préservation de la biodiversité et de l’écosystème. C’est pourquoi d’ailleurs l’investissement de Rio Tinto pour le chemin de fer a été alourdi de près d’un milliard de dollars pour respecter toutes les contraintes liées à l’environnement et à la préservation de la biodiversité dans cette partie du pays qui abrite des espèces de crapauds, d’insectes, de chauve-souris et d’oiseaux qu’on ne retrouve plus nulle part ailleurs dans le monde.

Honorable, une question par rapport au déroulement de cette session c’est le retrait de l’opposition aux travaux de l’Assemblée puis son retour un mois après. On vous a vu hier (le jour de retour de l’opposition à l’Assemblée le 7 juillet) dans un état très joyeux. Qu’est-ce que cela vous a marqué ?

C’est avec un certain pincement au cœur que j’avais appris la décision de nos frères de l’opposition de suspendre toutes activités au sein de l’Assemblée Nationale, Assemblée avec laquelle elle n’avait pourtant aucun contentieux. Il faut rappeler que les députés de cette Assemblée nationale ont réussi presque instantanément à créer une atmosphère de travail qu’on peut à juste titre qualifier de familiale. A voir ces députés travailler au sein de l’Assemblée, il vous sera difficile de déterminer qui est de l’opposition et qui est de la mouvance.

Moi-même qui appartiens aujourd’hui à la majorité présidentielle, je dois vous avouer qu’au sein de ma commission, les collègues députés de l’opposition sont beaucoup plus impliqués que ceux de la majorité. C’est vous dire que c’est une nouvelle génération de députés qui a compris très tôt que sa mission, ce n’est pas de s’empoigner pour des considérations idéologiques qui ne mènent nulle part, mais plutôt pour travailler uniquement dans l’intérêt exclusif du Peuple de Guinée.

Je pense que l’Opposition aurait été mieux inspirée de s’associer à leurs frères députés de la Majorité présidentielle pour la recherche de solutions liées à leurs préoccupations vis-à-vis de l’Exécutif.

Pour votre gouverne, je tiens à vous informer que dès le lendemain du jour où l’opposition a décidé de son retrait, le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle a pris l’initiative de courir vers eux pour leur demander de revenir, en leur disant, « vous avez fait ce que vous ne pouvez pas faire. Venez, il n’y a pas de problèmes que nous ne puissions régler ensemble, retournez à notre maison commune, vous n’avez pas le droit de la quitter, vous ne pouvez pas fuir la responsabilité que la population guinéenne vous a confiée. Quel que soit votre état de colère, venez, nous allons travailler ensemble et ensemble nous y trouverons une solution ».

Dieu merci, il y a eu beaucoup d’autres bonnes volontés à commencer par les femmes parlementaires que je félicite et salue pour le grand rôle qu’elles ont eu à jouer pour le retour de l’opposition au sein de l’assemblée. Elles ont été les premières à prendre cette initiative.

Vous avez vécu vous-même la liesse qui a ponctué leur retour. Moi-même, j’ai l’habitude de travailler avec un député de l’opposition, quand je l’ai trouvé dans l’hémicycle, je ne me suis pas empêché de le porter au dos tellement que j’étais heureux de le retrouver.

Honorable, l’opposition pour suspendre ses activités à l’Assemblée nationale avait exigé qu’il y’ait la reprise du dialogue politique. A ce niveau, quelle est votre lecture?

L’opposition a exigé le dialogue politique, et elle a tout à fait raison d’exiger cette reprise du dialogue politique, parce qu’un pays qui n’arrive pas du tout à organiser un dialogue politique est un pays qui s’expose lui-même et délibérément à des conflits inutiles. C’est vrai, l’opposition a crié sur tous les toits, pardon créons un cadre de dialogue où nous pouvons nous retrouver pour débattre de nos problèmes. Mais ce n’est pas compliqué de créer cela. Et ce dialogue, elle l’a obtenu, c’est tant mieux pour la démocratie. Et j’espère que pour la suite des évènements, ce dialogue ne sera plus jamais interrompu. Je pense que les quelques responsables qui ont un certain pouvoir de décisions en la matière doivent comprendre qu’on ne peut se permettre d’exclure toute une partie de cette population pour tout ce qui concerne la gestion de ce pays. Il faut qu’on mette chacun devant ses responsabilités. Il faut qu’on accepte que chacun joue sa partition dans ce grand combat pour le développement que le pays a engagé jusqu’à maintenant. Il faudrait aussi qu’on arrive à régler nos problèmes à notre niveau, qu’on ne soit pas toujours obligé de faire appel à la communauté internationale pour résoudre nos problèmes qui ne sont que des problèmes guinéo- guinéens.

 

La nouvelle génération pour la république (NGR) est un parti qui est allié au RPG arc-en- ciel, le parti au pouvoir. Et vous composez la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, on voudrait savoir est ce que vous êtes partie prenante du dialogue et quelle est votre contribution ?

La NGR a effectivement pris part au dialogue à son origine quand elle faisait partie de l’opposition. Pour ce deuxième volet du dialogue qui a été entamé, la NGR ne s’est pas fait représenter pour la simple raison que, le combat que nous avions mené dans le cadre de l’opposition était de faire en sorte que les Guinéens se retrouvent autour de la table pour régler les problèmes qui les opposaient. Il s’agissait essentiellement du fichier électoral, de l’opérateur technique Waymark et de son pendant guinéen Sabary. Tout ceci avait pu trouver une solution dans le cadre d’un document qui avait été signé par l’ensemble des parties prenantes. Nous à la NGR nous estimions que comme ce deuxième dialogue était tout simplement d’exiger le respect de ce qui a été signé, il s’agissait tout simplement de mettre à l’épreuve la bonne foi des uns et des autres pour son respect. Je pense que c’est ce qui a été fait. C’est pour cette raison que la NGR n’y a pas pris part, parce que nous n’avions aucune inquiétude à ce sujet. Nous estimons que quand on signe un document, on s’engage à respecter tout ce qui se trouve dans ce document. L’opposition s’est rendue compte qu’il y a certains éléments qu’on a eu tendance à ne pas respecter, elle a eu raison de chercher à en avoir le cœur net.

Les résultats sortis de ce dialogue ont été assez encourageants de l’aveu même de Docteur Faya Millimono qui a salué le comportement républicain du ministre de la justice qui a eu à diriger les débats.

Monsieur le président, vous venez de rappeler que vous étiez à l’opposition et maintenant vous avez une place au sein de la majorité présidentielle. Peut-on savoir, de l’opposition à la mouvance présidentielle, où vous vous sentez le mieux ?

Je me sens très bien partout où je me trouve, parce que les choix que je fais, c’est des choix que je fais avec conviction. J’étais à l’opposition avant parce que j’avais estimé que Cellou Dalein Diallo (président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée UFDG ndlr) devrait être soutenu. Ce n’était pas parce que Cellou Dalein avait peut-être un programme meilleur à celui d’Alpha Condé, et pour être honnête avec vous, le président de mon parti Monsieur Ibrahima Abé Sylla et moi-même avions eu une réaction épidermique en découvrant que les gens ne voulaient pas de Cellou, non pas pour avoir géré ce pays, mais parce que tout simplement il était peulh.

C’est une attitude intolérable que de rejeter quelqu’un sur base de son appartenance ethnique. La NGR qui s’est toujours investie dans une vision de rassemblement et de partage ne pouvait en aucun cas s’inscrire dans une telle logique.

Il vous souviendra que bon nombre de nos militants nous avaient quitté pour avoir fait un choix aussi courageux qui ne leur convenait pas, mais la responsabilité politique c’est aussi savoir assumer.

Et c’est pourquoi nous disons et répétons que le Guinéen ne doit pas aller vers son frère Guinéen parce qu’ils sont de la même ethnie, mais plutôt parce qu’ils ont des valeurs plus importantes à partager.

C’est vrai que Cellou a exercé des responsabilités dans ce pays, il a fait du bon, du moins bon et du pas bon du tout comme n’importe quel autre responsable ; il n’en demeure pas moins que ce Monsieur est un grand homme politique, un grand cadre et un grand responsable que je respecte. C’est vous dire que je n’ai absolument rien contre Cellou que j’ai eu à accompagner durant tout le second tour de la campagne présidentielle avec toute la détermination requise pour sa victoire.

Nous avons soutenu Cellou de toutes nos forces, nous l’assumons et nous ne regrettons nullement de l’avoir fait.

Nous avons voulu faire de Cellou le Président de la République de Guinée, malheureusement nous n’y sommes pas parvenus malgré tous nos efforts et de l’aveu même de Cellou, il m’a avoué que « de tous ses partenaires, Abé Sylla avait été le plus loyal et le plus engagé ».

Nous avons donc mené un combat politique que nous avons perdu et finalement, c’est Alpha Condé qui a gagné. Je ne reviens pas sur les conditions dans lesquelles il a gagné. Toujours est-il qu’il a été déclaré vainqueur et nous avons tous reconnu sa victoire. Personne n’avait obligé qui que ce soit à reconnaître cette victoire du Professeur Alpha Condé. Pour nous de la NGR donc, à partir du moment où, nous avons reconnu la victoire d’Alpha Condé, notre combat avec Cellou prenait fin. Il y’a un Président de la République qui est élu, tout le monde doit désormais le supporter et l’aider à sortir le pays du trou dans lequel il se trouvait.

Ensuite, on a vu Alpha Condé traîner les pieds pour l’organisation des élections législatives, alors que la loi dit normalement que cela devrait être fait dans un maximum de 6 mois suivant son élection. Nous nous sommes levés pour exiger à ce qu’il organise absolument ces élections législatives dans le temps. C’est ainsi qu’un mouvement d’opposition a été créé et nous lui avions donné le nom de Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition dont l’objectif était de finaliser la transition. A partir du moment où la transition était terminée avec ces élections législatives, la NGR qui avait atteint son objectif, a déclaré dès lors qu’elle n’appartenait plus à aucun quelconque groupement de partis politiques.

Notre position à ce sujet est très claire, quand vous vous engagez dans un combat politique, c’est pour travailler pour votre pays et non pour faire permanemment de l’opposition, et je voudrai particulièrement insister sur le fait que le parti NGR est un parti qui a été créé pour diriger et exercer le pouvoir et non un parti fait pour s’opposer.

Que l’on ne s’y trompe pas, si Cellou, Sidya, Lansana Kouyaté sont devenus aujourd’hui des géants politiques en Guinée, c’est parce qu’ils ont accepté à un moment donné de leur carrière politique de travailler avec et dans le pouvoir.

Nous sommes à la conquête du pouvoir et notre ambition est de faire de Abé Sylla non un un grand ou géant, mais un Super-géant dans la politique guinéenne, et nous restons très scientifiques dans logique et dans notre démarche. A cet effet donc, nous ne nous tromperons ni de sujet, ni de débat et ni de démarche.

Monsieur le président c’est vrai aujourd’hui vous êtes partie prenante du pouvoir vous êtes à la quête d’une expérience dans la gestion du pouvoir, est ce qu’on peut savoir la lecture que vous vous en faite de la gestion socioéconomique du régime du Président Alpha Condé?

Cette question m’avait déjà été posée il y a de cela une année par une télévision de la place, et j’avais répondu à l’époque que vous n’avez aucun pouvoir qui réussit à 100%, vous n’avez non plus aucun pouvoir qui échoue à 100%. J’ai toujours compris qu’en matière de coaching, un feedback bien mené commence par mettre l’accent sur ce qui est positif, le côté négatif n’étant abordé qu’en toute dernière position. Je trouve particulièrement injuste de la part des adversaires politiques de Alpha de toujours et invariablement continuer à clouer au pilori ce Monsieur et à le rendre responsable de tous les maux du pays. Pour moi donc, qu’ai-je trouvé de bon dans la gestion de Alpha Condé ?

C’est d’abord cette détermination à se battre pour son pays, à sortir le pays de l’abime dans laquelle il l’a trouvée ; ceux qui l’ont précédé comme ministres ou premier-ministres, qu’ont-ils fait à ce propos ? Aujourd’hui, beaucoup reprochent à Alpha Condé de voyager beaucoup ; mais Dieu merci, car malgré son âge il trouve encore la force de voyager pour qu’on recommence à parler de la Guinée Conakry. Cela a permis à la Guinée de revenir sur la scène internationale. S’il n’avait pas pris son bâton de pèlerin pour le grand retour de la Guinée sur la scène internationale, je crois qu’on continuerait à être encore ce pays oublié. Avant quand tu parlais de la Guinée, on te demandait s’il s’agissait de la Guinee-Bissau, de la Guinée équatoriale ou de la nouvelle Guinée, mais jamais de la Guinéé-Conakry. Les efforts de Alpha Condé en matière diplomatique ont sorti aujourd’hui notre pays de l’anonymat.

Suite à l’élection du Président Alpha Condé, un des leaders politiques me faisait la confidence suivante : « David, du fait que c’est Alpha qui est élu, ce n’est pas une mauvaise chose parce que Alpha Condé va oser poser des actes qu’aucun de nous autres candidats n’aurait osé poser ». Et, effectivement, Alpha Condé a osé poser des actes qui ont montré qu’il n’avait aucun état d’âme face à l’intérêt supérieur du pays.

Par exemple lesquels?

Par exemple, le combat qui l’a opposé et qui l’oppose encore à Benny Steinmetz. pour retirer les blocs 1 et 2 de Simandou, il faut beaucoup de culot pour le faire, parce que vous savez, ce monsieur est un Israélien qui appartient à la race des gens qui sont capables de trouver des mercenaires par tous les moyens pour venir vous flinguer du jour au lendemain. Mais, au mépris de sa vie, Alpha Condé a osé dire à cet homme qu’il a trompé la Guinée et qu’il va lui retirer ce qu’il a extorqué à la Guinée sans dédommagement.

Aussi, quand on voit tous les chantiers que Alpha a entrepris, il faut être aveugle pour ne pas pouvoir apprécier cela. Ne serait-ce que, le seul barrage de Kaléta qui est un projet ambitieux, c’était largement suffisant pour ses 3 premières années. Rajoutez à cela le PPTE, la reforme de l’armée, le code minier qui permet à la Guinée de mieux profiter de ses mines, la cité de Kipé, l’autoroute de Matoto à Dabompa qui était longtemps restée impraticable et aujourd’hui Dabompa-Km36-Coyah, le pont de Kaka, tous ces grands hôtels qui sont en chantier, toutes ces routes nationales en chantier ici et là à Dabola, Dinguiraye, Kissidougou, Gueckedou, Macenta et tous ces grands projets miniers qu’on est en train de ratifier aujourd’hui pour en faire une réalité, tout cela n’est pas peu pour un premier mandat. Et, très sincèrement, je crois qu’il faut rendre hommage à l’homme, le féliciter et l’encourager.

Par contre, je peux vous dire aussi que le plus gros échec d’Alpha Condé, se situe au niveau de la cohésion sociale dans le pays et de son manque de fermeté face à la corruption et à l’impunité. Il a laissé faire les gens. Sinon, en tant que Chef d’Etat, quand tu sens que l’agissement de certaines personnes affaiblit ton pouvoir, tu dois monter au créneau, marquer ta désapprobation et sanctionner ; c’est ce qui faisait la force de Sékou Touré.

Maintenant, en tant qu’allié politique, qu’est-ce que vous lui conseillez ?

C’est d’apprendre à davantage s’exprimer sur les problèmes du pays, quand bien même il soit un homme qui ne parle pas beaucoup, qu’il fasse davantage confiance au monde médiatique national, qu’il dise régulièrement à la population ce que lui et son gouvernement font. Il doit apprendre cela, surtout quand ça touche à la cohésion nationale du pays.

Pour ce qui est de la cohésion sociale dans le pays, beaucoup pensent que le résultat d’une certaine exacerbation de la haine raciale et d’une montée en puissance de l’ethnocentrisme.

Cependant, selon l’école d’Abe Sylla, tous les problèmes de la Guinée sont d’ordre économique, cherchons à résoudre nos problèmes économiques, et dans la même foulée nous résoudrons tous nos petits problèmes de jalousie, d’ethnocentrisme, de méchanceté, …., que nous connaissons dans notre pays. Et toujours Abé Sylla de rajouter : « si c’est la politique qui devait nourrir un Peuple, le Peuple de Guinée serait le Peuple le mieux nourri au monde, mais on n’a fait que la politique pendant plus de cinquante ans, cela n’a fait que nous retarder, donc développons notre économie et les résultats ne se feront pas attendre » ; et je pense que la Guinée est désormais inexorablement engagée dans cette voie.

Voilà, honorable président on tire vers la fin, quand on a appris le ralliement de la NGR au RPG arc-en-ciel, l’idée qui trottait dans la plupart de l’esprit de beaucoup de guinéens, c’était que le président de ce parti Abe Sylla soit nommé à un poste ministériel. Pourquoi autant de retard?

Abé Sylla, Ministre ou pas Ministre, telle n’a jamais été sa préoccupation. Sa seule préoccupation reste l’amélioration du quotidien du Guinéen. Il reste donc disponible pour le pays et le manifeste par ses réalisations ici et là dans des écoles, des centres de santé, des puits et autres contributions diverses comme les 200 millions qu’il récemment donnés au pays dans sa lutte contre Ebola.

On n’a pas besoin d’être Ministre ou Président de la République pour travailler pour son pays et je me permets de vous rappeler que le combat politique mené par Abé n’était pas d’être Ministre, mais bien Président de la République.

Il a perdu ce combat, le peuple s’est choisi un Président, et ce Président, Abé le respecte et il le laisse travailler.

Abé est issu d’une famille de chefs et il sait mieux que quiconque que si tu refuses le pouvoir de ton prochain aujourd’hui, c’est d’autres qui refuseront le tien demain, demandez-en les nouvelles à l’actuel Président de la République.

A méditer pour tous les candidats au pouvoir et que la sagesse l’emporte.

Merci honorable.

C’est à moi de vous remercier, parce qu’en tant qu’homme politique, quand on veut véhiculer un message destiné aux populations, on est généralement obligé de passer par des intermédiaires, et ces intermédiaires c’est vous les médias ; c’est pourquoi je vous respecte parce que le travail que vous faites est un travail noble.

Aminata.com

 

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