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Alpha Condé exprime sa colère après l’évaluation des organisations patronales en Guinée


Alpha_conde_president_guinee_conakry [dropcap]E[/dropcap]n marge du sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui s’est tenu la semaine dernière à Istanbul en Turquie, le chef de l’Etat se serait élevé contre l’immixtion de l’inspection générale du travail qui, sur des critères qui font l’objet de controverse, a procédé à l’évaluation  du niveau de représentativité des organisations patronales guinéennes.

Une évaluation qui place la Confédération Patronale des Entreprises de Guinée (CPEG) largement en tête avec  91%. Alpha Condé qui aurait émis des réserves sur  ce score « à la soviétique », aurait déclaré dans la foulée, devant les opérateurs économiques qui ont effectué le déplacement à ses côtés, n’avoir pas de préférence pour les institutions patronales. Mais qu’il avait plutôt besoin de vrais patrons d’entreprises, et non des affairistes, qui se serviraient du manteau d’opérateurs économiques, à leur seul profit.

Tout n’aurait pas été rose comme on voudrait le faire croire, lors du voyage d’Istanbul auquel avait pris part une vingtaine d’opérateurs économiques, à la demande du chef de l’Etat. Ces patrons d’entreprises devaient ainsi en marge du sommet de l’OCI, nouer des partenariats d’affaires avec leurs homologues turcs. Mais l’un des faits marquants de ce voyage, fut sans doute le coup de gueule poussé par  le chef de l’Etat contre certaines grosses huiles de la place. S’étend rendu compte des intrigues et autres coups bas qui agitent le secteur privé guinéen, le président de la République aurait profité d’une rencontre avec sa délégation, pour se démarquer  de ce microcosme, en affirmant haut et fort, n’avoir aucune préférence parmi les organisations patronales du pays. Et qu’il avait en réalité besoin de « vrais patrons ». Ce coup de colère présidentiel n’aurait pas épargné l’inspection générale du travail qui, sur des critères qui sont l’objet de controverse a attribué la première place à la Confédération Patronale des Entreprises de Guinée (CPEG). Sur une base qualifiée d’irrationnelle dans les milieux d’affaires guinéens. La CPEG de Hadja Gnouma Traoré devance ainsi largement le Patronat de Guinée (PAG) de Kéita Ismaël  qui n’a récolté que 5,66% dans cette évaluation. Et c’est le Conseil national du patronat guinéen qui ferme la marche avec  3,34%. Cette dernière institution en proie à des querelles de leadership passe ainsi de la première à la dernière place. Une véritable dégringolade. Même  si l’inspection générale du travail qui a travaillé sous la houlette du  ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du Travail, est soupçonnée d’avoir bâclé le travail d’évaluation.

Il faut noter que cette opération  qui s’est déroulée du 08 décembre 2015 au 25 janvier 2016, a été pilotée par l’inspectrice générale adjointe du travail.

Sur 1683 entreprises membres de  la  CPEG, seules 28  seraient enregistrées à la CNSS

Cette réaction du chef de l’Etat a sa raison d’être, quand on sait que parmi ces organisations patronales, il y en a qui ne seraient pas du tout en règle vis-à-vis des institutions que sont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Office national de formation et de perfectionnement professionnel (ONFPP) et la Médecine du travail. A titre d’exemple, sur les 1683 entreprises déclarées comme étant membres de la CPEG, seules 29 seraient enregistrées au niveau de la CNSS. Au niveau de l’ONFPP, elles seraient au nombre de 12. Au  niveau de l’Aguipe 13, et pour finir au niveau de la Médecine du travail, la CPEG ne disposerait que de 19 sociétés déclarées sur 1683. Sous d’autres cieux, cela serait même surréaliste, quand on sait que cette organisation patronale dit disposer de 15 483 employés. Mais pour ce cas-ci, c’est comme si cela  sentait de la supercherie. Car Guicopress, l’une des plus importantes sociétés de BTP de la Guinée, n’aurait que 133 employés déclarés à la CNSS, selon des statistiques disponibles à l’inspection générale du travail. De façon générale, les entreprises membres de la CPEG ne seraient pas à jour dans le paiement des cotisations auprès de la CNSS et de l’ONFPP, par exemple, d’après nos enquêtes. Ainsi, Mansa Moussa Sidibé aurait une ardoise de 2 milliards de FG d’impayés dus à l’ONFPP, pour le compte de son entreprise dénommée Bceip.

Au regard de  ce qui précède, on se rend bien compte  que le secteur privé guinéen n’est en réalité pas assez représentatif en termes de « qualité », comparé aux secteurs privés de la sous région. Même si on doit faire avec, car tout secteur privé est à l’image des autres institutions du pays. Chez nous, c’est un secret de polichinelle de dire que toutes les institutions vont très mal.

Conakryinfos avec L’Indépendant

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