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Kankan : Le fleuve Milo menacé de disparition pour cause de destruction de l’écosystème



Les signes du désert s’annoncent déjà dans la préfecture de Kankan, où l’ecosystème est fortement attaqué par les actions de l’homme.

Le fleuve Milo, long de 330 Km, est l’une des victimes de ce désastre dû en grande partie aux conséquences de la fabrication de briques artisanales, l’extraction du sable et la coupe abusive du bois.

De nos jours  à Kankan, la rareté de la pluie et la forte chaleur dépassent l’entendement de la population.

Le long du fleuve Milo, sept sites de fabrication de briques artisanales existent actuellement dans la localité et tous évoluent dans l’anarchie. Il s’agit de Sikoba, Energie, Senkefara, Bordo 1 et 2 et Kankan-koura 1 et 2.

Pour le président des fabricants de briques  de la préfecture, Mohamed Kandas Kandé, il existe sur le terrain plus de 1000 briqueteries travaillant tous dans le désordre.

« Le nombre varie de temps en temps. Présentement nous sommes plus de mille  personnes, et le travail se fait dans l’anarchie totale bien que les conséquences sont connues de tous Les conséquences sont incalculables sur l’écosystème, surtout nous nous sommes avec des analphabètes qui ne comprennent pas l’ampleur du réchauffement climatique .Tout le monde récent actuellement la rareté de la pluie. Quand il n’y a pas de pluie, on sait ce que ça fait. On reconnaît qu’il y a des dégâts. Nous évoluons tous au bord du fleuve et cela avec des conséquences incalculables », a-t-il avoué.

Selon M. Kandé, c’est la pauvreté extrême et le mauvais rendement des champs et des mines qui motivent les gens à se tourner dans la fabrication de briques artisanales

Une source rapporte que ce sont des citoyens contraints d’arrêter cet exercice à Faranah qui sont venus s’installer à Kankan pour poursuivre la fabrication de briques. Cependant, l’existence des sites orphelins, c’est-à -dire exploité et abandonné ayant plusieurs ouvertures représentent un autre danger pour la vie des animaux.

« Il n’y a pas que les fabricants de briques qui causent du tort à la population, il existe aussi une centaine de personnes qui sont en train d’extraire le sable dans le fleuve Milo au vu et au su des autorités », nous confient une autre source.

Selon le vice-président des personnes qui extraient du sable dans le fleuve Milo, Laye Diakité, il est conscient du danger, mais il parle de moyens de survie.

« Nous gagnons notre pain dans l’activité là. Ici par jour, tu peux avoir 12m³, soit 12 tonnes de sable qui équivalent à un chargement vendu à 300 000 GNF. Parfois, on peut aller jusqu’à deux chargements », a-t-il déclaré.

« Pour garder le sable sur la berge du fleuve, il fallait trouver un moyen de stockage, c’est là qu’on a dégradé la berge pour stocker le sable. C’est le seul dégât que nous causons actuellement sur l’environnement », a reconnu Laye Diakité.

Interrogée par Conakryinfos, la direction préfectorale de l’environnement nous parle d’une série de rapports envoyés à la hiérarchie pour la protection du fleuve Milo. Mais soutient-elle, ces rapports sont restés sans suite.

Par les temps qui courent, si les dispositions adéquates ne sont pas prises à temps, le fleuve Milo, autrefois navigable jusqu’à Bamako au Mali, risque de laisser place au désert qui avance à petit pas.

 

Fatoumata Diawara, correspondante régionale à Kankan

Tel: 622 27 82 30

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