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Procès Paul Moussa Diawara et Sékou Camara : Un feu de paille judiciaire du gouvernement Kassory Fofana


Lundi 30 juillet dernier, le président du tribunal de première instance de Kaloum, Mohamed Chérif Sow a reporté au 10 septembre, pour des raisons de vacances judiciaires, le rocambolesque procès de Paul Moussa Diawara, ancien directeur général de l’OGP et de Sékou Camara, ancien directeur général de l’OGC, tous deux poursuivis pour détournements de deniers publics.

Un mois après la reprise des activités judiciaires en Guinée, ni le gouvernement ni l’agent judiciaire de l’Etat, encore moins la justice ne veut désormais se prononcer sur ce dossier des commis de l’Etat dont le procès, à l’allure où vont les choses, est en passe d’être renvoyé aux calendes grecques.

Une œuvre du gouvernement Kassory Fofana qui avait pourtant promis dans son discours de politique générale à l’Assemblée nationale de lutter sans état d’âme contre la corruption et l’impunité.

Après les premières audiences de ce procès qui avait requinqué l’image du Premier ministre, Kassory Fofana au lendemain de sa nomination, force de reconnaitre que l’opinion a désormais tendance à douter de ses promesses dans la lutte contre la corruption et l’impunité.

D’aucuns pensent que le Premier ministre avait osé engager des poursuites judiciaires contre Paul Moussa Diawara et Sékou Camara dans le cadre d’une opération de lutte contre la corruption, engagée par le gouvernement Mamadi Youla, pour se faire plaire à cause des préjugés que l’opinion publique garderait toujours de lui dans sa gestion durant le régime du président Lansana Conté.

« Le gouvernement Mamadi Youla avait initié d’inspecter toutes les régies financières de l’Etat, où, après le passage des inspecteurs, des traces de détournements de plusieurs milliards de francs guinéens ont été constatées. Après la nomination de Kassory Fofana, il fallait trouver une astuce pour montrer au peuple que son retour dans les affaires va répondre à ses attentes. C’est pourquoi Kassory Fofana a osé publier les rapports d’inspection des régies financières de l’Etat. Alors qu’en réalité, c’était juste un feu de paille judiciaire pour tromper l’apparence et changer la couleur des préjugés des Guinéens sur la gestion de l’ex-ministre de l’économie et des finances qu’il était sous le régime du général Lansana Conté », explique un sociologue.

D’autres pensent que les raisons du renvoi aux calendes grecques du procès de Paul Moussa Diawara et de Sékou Camara sont purement et simplement politiques.

« Le gouvernement aurait classé les dossiers Paul Moussa Diawara et Sékou Camara pour des raisons politiques. Pour éviter que ce procès ne crée un désamour entre le parti au pouvoir et les communautés de la Basse Côte et de la Guinée forestière, le gouvernement aurait ordonné à la justice de classer les deux dossiers (…) », commente un analyste politique, requérant l’anonymat.

En interrompant à mi-chemin le procès contre Paul Moussa Diawara et Sékou Camara, poursuivis pour détournement de deniers publics, le gouvernement Kassory Fofana déçoit ainsi une population qui l’avait pourtant soutenu dans sa volonté de lutter farouchement contre la corruption et l’impunité qui sont devenues un sport national en Guinée.

L’ex-directeur général de l’OGP, Paul Moussa Diawara et son DAAF Inza Bay sont poursuivis pour malversations financières portant sur 39 milliards de francs guinéens.

Quant à l’ex-directeur général de l’OGC, Sékou Camara et son comptable, Mamadou Saliou Barry, sont également poursuivis pour le détournement d’un montant de 25 milliards 491 millions de francs guinéens au préjudice de l’Etat guinéen.

Après « le classement » de l’affaire des responsables de l’OGP et de l’OGC, poursuivis pour malversations financières, le Premier ministre, Kassory Fofana va-t-il lié l’acte à la parole dans sa volonté de lutter contre la corruption et l’impunité pendant son séjour à la Primature ?

Boua King Kouyaté

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