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Kassory Fofana : « Nous sommes engagés à ouvrir à tout prix les classes avec ou sans un accord avec les syndicats »


En marge du lancement officiel de la caravane de l’investissement en Guinée, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a durci le ton vendredi 12 octobre à Fria, avec le SLECG qui continue toujours de paralyser le système éducatif guinéen malgré la rentrée scolaire déjà effective depuis le 05 octobre dernier.

Devant les populations de Fria abritant l’usine d’alumine Rusal-Friguia, où le syndicat n’existe plus malgré la précarité de la relance de l’usine, Kassory Fofana a invité les responsables du SLECG à prendre part aux négociations avec l’Etat.

« L’avenir de la Guinée c’est sa jeunesse. Je voudrais saisir cette tribune pour m’adresser au monde de l’éducation pour dire que le gouvernement est sensible à leurs conditions de vie et de travail. Nous demandons à nos partenaires sociaux dans ce secteur et aux syndicats de reprendre les négociations dans un esprit civique destiné à faire valoir les intérêts de la Guinée et sa jeunesse », a-t-il déclaré, avant de réaffirmer la volonté du gouvernement à discuter avec le syndicat des enseignants de Guinée. « On dit que le gouvernement est fermé au dialogue. Non, ce n’est pas vrai. Nous sommes ouverts au dialogue et voulons le mener dans le langage de la vérité ».

En outre, le chef du gouvernement a rappelé que le gouvernement connait des problèmes économiques qui ne lui permettent pas à prendre de nouveaux engagements financiers.

« La vérité est que la Guinée est dans les difficultés économiques encore. La vérité est que le secteur de l’éducation n’est pas aussi dépourvu qu’on le fait croire. Je peux vous donner des signes. En 2011, quand le Pr Alpha Condé prenait les affaires, la masse salariale du secteur pour 45 mille enseignants était de 27 mille milliards de francs guinéens. Cinq à six ans après, nous sommes en 2018, cette masse salariale est passée de 27 à 85 mille milliards. C’est cela la vérité historique. La moyenne salariale,  le salaire indiciaire moyen est d’un million 600 mille francs guinéens. C’est ça la vérité. Nous avons procédé à une augmentation de 40 % en 2018. Dans aucun pays au monde on ne peut procéder à deux ou trois augmentations de salaire dans l’année. Ce n’est pas possible (…) », a-t-il révélé.

Face aux revendications intempestives du SLECG qui perturbe la reprise effective des cours en Guinée, Kassory Fofana a haussé le ton en précisant qu’avec ou sans accord avec le syndicat, les élèves reprendront le chemin de l’école.

« L’instruction que j’ai reçue du président c’est de faire tout, absolument tout, pour que l’école guinéenne ne soit pas sacrifiée à cause des grèves intempestives. C’est pour cela que nous sommes engagés à tout prix à ouvrir avec ou sans un accord avec les syndicats », a-t-il martelé.

« Je souhaiterais être clair sur un point. Nous sommes dans un pays de droit. Ceux qui ne veulent pas enseigner, c’est leur droit ; mais ils n’ont pas le droit d’empêcher ceux qui veulent aller à l’école. C’est pourquoi toutes les dispositions sécuritaires sont prises. Nous n’irons chercher personne à domicile. Je souhaite également être clair sur un point, et c’est la législation du travail qui le dit. Ceux qui ne travailleront pas ne seront pas payés »,  a indiqué Kassory Fofana en marge de sa tournée qui le conduira dans plusieurs préfectures de la Guinée dans le cadre de la caravane de l’investissement en Guinée.

 

 

Mohamed Sylla

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