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Les victimes du camp Boiro exige le retrait du graffiti de Sékou Touré sur le pont 8 Novembre


L’association des victimes du camp Boiro (AVCB) a animé mercredi à Conakry une conférence de presse pour dénoncer et exiger le retrait du graffiti du président Sékou Touré sur le pont 08 Novembre, juste à la rentrée de la commune de Kaloum.

Selon l’AVCB, il est inadmissible de poser l’effigie du père de l’indépendance guinéenne sur le mur de ce pont symbolisant l’histoire de la Guinée.

« Il est donc inadmissible qu’une autorité guinéenne, quelle qu’elle soit, dotée d’un minimum de sens de la responsabilité vis-à-vis de l’histoire de ce pays puisse prendre la décision d’autoriser un tel acte ignoble. Aurait-on perdu toute dignité ou tout sens du respect de l’humain en République de Guinée? », a déclaré Dr Fodé Maréga, l’un des membres de l’AVCB.

« Ce pont est non seulement le symbole des martyrs de la première République, mais il a aussi été le théâtre de tueries de dizaines de jeunes Guinéens venus manifester pacifiquement en 2006. L’Etat s’était alors engagé à y apposer une stèle en mémoire à tous ces martyrs, nombreux en Guinée », a-t-il rappelé.

« Ce pont ne saurait être souillé par l’effigie de celui qui a ordonné les exécutions et exactions de toutes sortes durant les 26 ans de règne de la première république », a martelé Dr Maréga.

Outre le pont 08 Novembre, l’AVCB demande à l’Etat d’accepter dériger des stèles sur sites, où ont eu lieu des exécutions sommaires de Guinéens.

« Ce qui nous importe, c’est de vraiment enlever cette effigie de ce tortureur, de ce tueur, de cet assassin au niveau du pont 8 novembre. Et commencer ce qu’on a toujours réclamé ici c’est cette commission, vérité justice et réconciliation. La seule capable de nous permettre vraiment de montrer tous ces faits d’aller vers une justice, une réparation et une réconciliation. Et pour cette réparation, nous voulons des stèles au niveau du camp Boiro, au pont 8 novembre, des frontières où il y a des charniers. Et par partout dans le pays parce qu’on tuait partout. Nous, nous avons comptabilisé, aidé en cela par Amnesty international, il a eu jusqu’à 50 mille victimes pendant ce régime”. Et d’ajouter: “Et voilà, pourquoi, nous, nous disons que c’est un crime contre l’humanité, contre la population guinéenne. Et nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui des jeunes qui ne connaissent strictement rien sur ce qui s’est passé, se mettre à falsifier encore une fois l’histoire comme leurs parents, qui les manipulent pour nous narguer sur ce pont 8 nombre où le bourreau a tué », a fustigé Dr Maréga a précisé que leur association exige une protection du pont 08 Novembre par l’Etat guinéen.

Mohamed Sylla

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