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Leadership politique : Les femmes élues conseillères des collectivités locales à l’école du NDI


Une session de formation à l’intention des femmes élues conseillères des collectivités locales s’est ténue ce mercredi 16 janvier, dans un complexe  hôtelier de Conakry, dans le cadre de l’appui à la décentralisation et au leadership politique des femmes en Guinée.

Organisée avec le soutien de l’USAID et du PNUD, cette session de formation a connu la présence du maire de Kaloum, Mme Aminata Touré, du directeur-pays adjoint du PNUD, Eloi Koudjo IV et de la chargée principale de l’administration et des finances du NDI, Mme Vandetta Bernard Jones.

Dans son discours, madame le maire de Kaloum, Mme Aminata Touré a rappelé la bravoure de la femme guinéenne, avant de souligner les grands efforts que son équipe déploie pour mettre en place une organisation fiable et efficiente au sein de la mairie de Kaloum.

« Kaloum qui est la commune mère de la capitale guinéenne et une ville chargée d’histoires, car les premières batailles pour l’indépendance de notre pays ont démarré à Kaloum, et surtout faites par les femmes. Personne n’ignore les noms célèbres comme Hadja Mafory Bangoura et Hadja Jeanne Martin Cissé qui se sont battues pour l’accession de notre pays à l’indépendance. Ces femmes se sont fait remarquer pour qu’aujourd’hui nous soyons ce que nous sommes. Nous pouvons donc être très fières de nos devancières (…) », a-t-elle déclaré.

Mme Aminata Touré, maire de Kaloum.

Mme Aminata Touré a également évoqué les problèmes auxquels est confrontée sa commune, dont celui de l’insalubrité.

« Nous avons trouvé notre mairie dans les conditions organisationnelles très difficiles. Nous nous attelons à présent à mettre en place une organisation fiable et efficiente tout en expliquant le terme de redevabilité aux administrés, ce qui est gage d’un  engagement pris lors de notre campagne électorale. Nous avons mis en place une boite à idées. Et je serais très fière de voir les femmes des différentes communes venir alimenter cette boite à idées pour qu’ensemble nous essayions de trouver les solutions à nos problèmes récurrents. L’insalubrité est le problème crucial dans notre capitale, surtout Kaloum qui est une presqu’ile », a-t-elle ajouté.

Plus loin, madame le maire de Kaloum a regretté d’être l’unique femme maire du pays.

« Je suis aujourd’hui très triste de savoir que sur tout le territoire de Guinée, je suis la seule femme maire. Mais j’espère que les prochaines élections, les hommes auront compris, et que les prochaines élections les 70 à 75 % des maires seront les femmes (…) », a-t-elle souhaité.

Pour sa part, le Directeur-pays adjoint du PNUD, Eloi Koudjo IV s’est réjoui de prendre part à l’ouverture des sessions de formations et de renforcement des capacités des élues, avant de féliciter les 460 femmes élues sur 7012 conseillers dans les 342 communes du pays.

« Les femmes en politique n’ont pas toujours les mêmes chances que leurs homologues hommes et sont confrontées à d’énormes difficultés. Madame le maire de Kaloum, je reconnais que la tache n’a pas été facile ; et qu’il vous a fallu une certaine persévérance et un leadership pour surpasser toutes ces embuches. À vous les 460 femmes élues sur les 7012 conseillers au sein des 342 communes du pays, je vous adresse mes cordiales félicitations », a indiqué M. Koudjo IV.

Eloi Koudjo IV, Directeur-pays adjoint du PNUD.

Quant à Mme Vandetta Bernard Jones, chargée principale de l’administration et des finances au NDI, elle a rendu un vibrant hommage au ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation et à Mme le maire de Kaloum pour avoir accepté de co-présider la cérémonie d’ouverture de cette session de formation.

Mme Jones a exprimé la profonde gratitude du NDI aux représentants des institutions partenaires dont le PNUD et l’USAID, à l’ensemble des acteurs politiques, à la société civile et aux médias qui ont pris part à cette cérémonie.

Mme Vandetta Bernard Jones, chargée principale de l’administration et des finances au NDI.

« Le NDI est une organisation internationale à but non lucratif qui vise à promouvoir la démocratie à travers le monde par le programme de soutien au processus de démocratisation. Nous sommes présents à travers tous les continents. En Guinée, le NDI s’est engagé depuis de nombreuses années. Nous sommes là pour le respect des droits humains, le renforcement des institutions et des pratiques démocratiques, l’organisation des élections pacifiques et transparentes et la bonne gouvernance dans l’intérêt des citoyens. Donc tout ce que nous faisons, nous considérons le respect des droits humains des femmes et leur pleine participation à la vie politique, économique et sociale de leurs sociétés comme l’une des pierres fondatrices de la démocratie.il ne peut pas y avoir la démocratie si la moitié de la population reste à l’écart », a déclaré Mme Vandetta Bernard Jones qui a félicité le gouvernement d’avoir organisé les récentes élections communales et locales.

« Le 04 février 2018, la Guinée a réussi à organiser les élections communales qui n’étaient pas le cas depuis 2016. Or il est établi que la démocratie au même titre que le développement se construit d’abord à la base, et les collectivités locales demeurent le cadre privilégiée de la participation citoyenne et le socle du développement durable d’une nation. Les attentes des populations sont grandes en termes de gouvernance locale et efficace de délivrance de services publics permanents et accessibles à tous les citoyens », a-t-elle précisé.

Enfin, Mme Vandetta Bernard Jones a rappelé l’importance des modules qui seront enseignés aux femmes élues conseillères durant les deux jours de formation.

« Les présentes sessions de renforcement des capacités des femmes élues offre l’opportunité aux vaillantes conseillères de se doter des outils techniques nécessaires afin qu’elles apportent leur contribution de qualité et une valeur ajoutée réelles au développement local, surtout dans les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, l’assainissement, l’environnement, etc. Durant les deux jours de formations, des modules importants seront abordés, notamment les principes de la décentralisation, les responsabilités du conseil communal et de l’autorité exécutive, le rôle et la responsabilité de l’élu dont la planification du développement local, la gestion du cycle budgétaire et les stratégies pour répondre aux besoins des femmes, des jeunes et d’autres groupes vulnérables », a conclu Mme Jones.

Djénaba Camara

Tel : 624 74 47 06

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