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Kiridi Bangoura : « La bonne volonté du gouvernement est assez claire sur les élections »


Après Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, c’est Kiridi Bangoura, ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence et porte-parole de la présidence, qui répond aux questions de Carine Frenk.

RFI : Kiridi Bangoura, bonjour !

Kiridi Bangoura : Bonjour Madame.

RFI : Les législatives auront-elles lieu cette année en Guinée ?

Kiridi Bangoura : C’est la commission électorale nationale indépendante qui fixe le calendrier électoral en Guinée. Cette CENI  est constituée de façon paritaire, par l’opposition et la majorité. Il y a un constat qui a été fait par les acteurs politique y a quelque temps, lors des dialogues politiques et les recommandations issus de l’audite du fichier doivent être implémenté pour que  les élections puissent se tenir dans les meilleurs conditions possible. C’est la suite de cela que la CENI pourra techniquement proposer un calendrier électoral.

Tout se fait en fonction des agendas cachés du président Alpha Condé, a déclaré hier sur notre antenne, l’opposant Cellou Dalein Diallo. Que répondez-vous ?

Le chef de file de l’opposition sait très bien qu’il n’ y a pas d’agenda caché, le seul agenda, c’est l’agenda républicain, le chef de l’Etat n’a rien à avoir quant à la fixation de la date des élection. L’obligation lui est faite chaque fois que la CENI lui propose une date est de prendre un décret pour avancer.

Le report des législatives va-t-il entrainer un report de 2020 ?

Quand vous êtes dans une programmation du réel, vous vous occupez des problèmes qui se pausent à vous concrètement. Y a un glissement c’est vrai. Un constat a été fait, on ne peut pas tenir les législatives à dates. Mais si tout se passe bien, les élections là auront lieu cette année et on pourra poursuivre le déroulé du calendrier républicain en Guinée.

Est-il envisageable de coupler les législatives et la présidentielle en Guinée ?

Je ne suis pas membre de la CENI et le gouvernement non plus n’est pas membre de la CENI, mais c’est la CENI qui propose le calendrier électoral dans notre pays. La bonne volonté du gouvernement est sincèrement assez claire. A chaque fois que la CENI va demander au gouvernement de disposer des moyens budgétaires nécessaires pour l’organisation des élections, le gouvernement sera au rendez-vous. De ce coté là les choses sont excessivement claires.

Le président Alpha condé veut-il se représenter pour un troisième mandat ?

Le président à tellement à faire. Le taux de prévalence du paludisme dans notre pays vient de passer de 45 0/0 est de 15 0/0. Il est dans le concret, il est au prêt des population, des paysans, des jeunes et des femmes pour réaliser le programme de développement national  et aider chacun et chaque catégorie à participer à ce plan national de développement économique et social. Cela le préoccupe énormément. Je crois qu’il a assez à faire et le mandat est totalement ouvert pour lui, je ne sais pas pourquoi nous allons basculer artificiellement dans une discussion concernant le président de la République.

Vous reconnaissez que le pouvoir entretien l’ambigüité ?

Est-ce que vous connaissez l’équivalent en Europe d’un chef d’Etat qui discuterait de la fin de son mandat avant la fin de son mandat. Et je ne sais pas pourquoi nous allons toujours être traités de façon un peu particulière. Excusez moi ma dame, je ne suis pas susceptible, mais il est important de souligner cela quand même. C’est curieux  qu’en 2019, au lieu de s’occuper des législatives et du développement, nous sommes entrain de discuter d’un plan qui n’existe pas pour l’instant. Le président est à la tache au milieu des populations pour faire avancer notre pays.

Mais ne se prononce t-il pas clairement ?

La constitution Guinéenne ne prévoie nullement que le président dusse répondre à cette question en cette date, y a une mission qui est confié au chef de l’Etat, pour le moment, il estime qu’il doit mettre toute son énergie pour l’accomplissement de cette mission là.

Et vous alors, vous souhaitez qu’il puisse rester afin de continuer le travail entamé ?

J’entends beaucoup de Guinéens le dire et j’entends d’autres Guinéens qui ont d’autres opinions. C’est ça la démocratie, il faut que nous acceptions que le débat soit le maitre mot de la démocratie. Il ne s’agit pas seulement de rester dans l’observation statique des institutions, il faut laisser le débat, permettre aux opinions de s’exprimer.

Donc vous reconnaissez qu’il y a un débat ?

Il y a un débat actuellement en Guinée sur la constitution, les institutions, l’organisation de l’Etat au niveau du territoire. Il y a un débat très intéressant actuellement sur la codification plus forte des questions environnementales, la place des femmes dans la vie politique, parce qu’elles se posent la question si l’égalité doit être formelle ou si des contraintes de cotas doivent assurer pleinement leur expression et tous ces débats  trouvent leur achèvement un moment donné dans le texte fondamental du pays.

Une nouvelle République permettrait au chef de l’Etat de se représenter ?

Madame, vous êtes d’accord avec moi que le premier souverain c’est le peuple ? Si le peuple décide un jour qu’il y ait une nouvelle République, on en parlera ! Ni moi, ni vous, ni Elhadje Cellou Dalein et ni le président de la République ne peuvent décider à la place du peuple de Guinée.

Selon certaines informations, un texte de réforme de la Constitution serait déjà prête, c’est faux selon vous ?

Si certains sont plus forts que des volontaires, des citoyens éclairés qui débattent actuellement pour la reforme de la constitution guinéenne, c’est leur affaire, c’est leur contribution aussi. Je n’ai jamais entendu parler de cela madame.

Une reforme pourrait entrainer des violences ?

Nous sommes tous derrière le président de la République sur le chantier du développement, de la démocratie et de l’unité nationale. Ce qui important, justement pour éviter le pire, c’est de continuer tous à jouir et surtout à observer les devoir que l’Etat de droit nous impose. La CENI est en place, il faut que nous nous engagions tous à ce que cette CENI propose rapidement un chronogramme electoral au pays. Il y a du travail concret à faire pour préparer les éléctions législatives à venir. Il faut que les partis politiques, la société civile et les citoyens guinéens s’engagent tous dans ce processus.

RFI : Kiridi Bangoura, merci !

Kiridi Bangoura : Merci beaucoup Madame.

Un entretien décrypté par Boubacar Sidy Bah pour Conakryinfos

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