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Affaire Kaporo-rails : L’opposition républicaine demande l’arrêt du déguerpissement des populations


Le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, Ibrahima Kourouma, en collaboration les services de sécurité, a entamé mercredi dernier, une opération de déguerpissement des populations installées au quartier Kaporo-rails sur le site directionnel de Koloma.

Cette opération de déguerpissement a plongé les habitants dans une atmosphère de désolation et de tristesse.

Face à cette situation, l’opposition républicaine s’est réunie lundi au QG de l’UFDG pour interpeller le président de la République à arrêter l’opération de déguerpissement en cours des habitants de ce quartier qui a toujours fait l’objet de litige entre l’Etat et les occupants.

« Depuis quelques jours, les populations de Kaporo rails sont en train de vivre un cauchemar dont le précédant reste gravé dans les mémoires des crimes d’Etat et inscrit dans la sombre histoire de notre pays ; il s’agit du déguerpissement des populations de la même localité au temps du régime militaire en 1998. Au XXIème siècle, sous le magistère d’un président civil et professeur de droit, l’on était porté à croire que les violences d’Etat ne seraient que de lointains souvenirs. Hélas ! A l’instant où nous rédigeons ces lignes, les populations de Kaporo rails sont traumatisées par une descente musclée des forces de l’ordre qui se livrent à un déguerpissement sauvage et injuste des populations de ce quartier », a dénoncé l’opposition républicaine à travers son porte-parole du jour, Aboubacar Siddighy Diallo.

« A deux mois de la période hivernale, des milliers de personnes sont expulsées de leur domicile ou de leur lieu de travail. Cela a pour conséquence de plonger ces citoyens dans un drame humain sans précédent au point de porter atteinte à leurs droits les plus élémentaires : droit au logement, à un environnement sain et durable, à l’éducation, le droit à l’intégrité physique et morale, le droit à une vie familiale. Parmi ces populations, il y des enfants de zéro à 7 ans, des femmes en grossesses, des malades, des handicapés, mais aussi des personnes d’extrême vieillesse dont le déplacement nécessite des moyens particuliers. Ces préoccupations, qui sont loin d’être partagées par les pouvoirs publics, constituent des violations graves de notre Constitution et des instruments juridiques régionaux et internationaux signés et ratifiés par la République de Guinée. Ces normes juridiques ainsi énumérées sont au-dessus du Décret de classification de ladite zone comme réserve foncière de l’Etat et au nom duquel ce déguerpissement s’exécute. Nous sommes donc en présence d’une situation de détresse humanitaire dont les conséquences seront multiples et diverses. Il est pourtant du devoir de l’Etat d’assurer la protection des personnes et des biens », a-t-il ajouté.

Face à cette situation, l’opposition républicaine s’est réunie lundi au QG de l’UFDG pour interpeller le président de la République à arrêter l’opération de déguerpissement en cours des habitants de ce quartier qui a toujours fait l’objet de litige entre l’Etat et les occupants.

« C’est pourquoi, nous en appelons au sens de responsabilité du Président de la République afin de surseoir à l’exécution de ce déguerpissement et à la quête d’une solution qui intègre les dimensions sociale, humaine et les réalités socioéconomiques des populations concernées. Nous remercions les populations victimes pour la sérénité et le calme dont elles font preuve en ces moments très difficiles. L’opposition Républicaine exprime sa profonde compassion et son soutien inconditionnel aux populations de Kaporo rails », peut-on lire dans le communiqué de l’opposition républicaine dirigée par Cellou Dalein Diallo.

Mohamed Sylla

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