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Transhumance politique : Un sport national pour les politiciens guinéens ! (Par Cheikh Sylla)


Le fait de virevolter dans la politique guinéenne est devenu une sorte de ritournelle tel un yoyo.  La sincérité, l’honneur et la dignité ne sont pas moins ce qui indifférent outre mesure nos politiques. Tout ce qui les importe, ce sont des motivations prébendières et carriéristes.

Tous à la quête effrénée de se faire une place de choix, d’avoir pignon sur rue et de se mettre du beurre dans les épinards. C’est regrettable, déplorable, alarmant, mais en même temps ahurissant.

Sans scrupule, ils offensent les lois de la pudeur, de l’éthique et de la bienséance en voulant défendre à cor et à cor des postes juteux, des espèces sonnantes et trébuchantes…

Même pas une once de bons sens en muant leurs anciennes vérités qui se sont métamorphosées au gré des humeurs politiciennes et politicardes. L’ont parierait l’œil de la tête pour dire que votre versatilité et ondoiement est du fait que vous êtes avatars incontrôlés. Quels diables êtes-vous !

Vous semblez dorer cette pilule satanique au peuple, mais sachez une chose, l’histoire retiendra vos bévues et agissements qui n’ont constitué ni plus ni moins qu’un impedimenta à l’essor économique, politique et social de notre pays.

Vous mentez et abusez de façon éhontée de ce peuple, sans gêne, sans sourciller, dans le seul but de couler des jours heureux et de vous faire une place au soleil. Vous pensez avoir plusieurs cordes à vos arcs pour abuser, duper et embobiner ce peuple, mais comme le dit l’autre : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais jamais tout le peuple tout le temps ».

J’ai envie de vous dire parfois de retourner aux asperges tellement que je suis excédé par vos manœuvres, vos roueries et instabilités politiques. Un jour ou l’autre, chacun répondra de ses actes devant l’histoire.

Lorsque certains d’entre vous ne sont pas dans les bonnes grâces du pouvoir, automatiquement, tout de go, toute affaire cessante, vous lâchez la bride à la dénonciation, vous avez l’inclination obsédante à fustiger et jeter l’anathème sur tout et tout. Même sur ce qui mérite d’être apprécié. On ne peut être plus en déphasage avec soi-même et sa conviction.

Voir la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir une poutre dans le sien.

Ce peuple vous condamnera en poussant un NON contre ces pratiques qui ne l’honorent pas et annihilent ses ambitions de développement et un SCROGNEUGNEU de désolation et de déception !

Car il ne peut continuer à battre les buissons et que vous, vous preniez les oiseaux pour lever le camp. Toute chose qui est rédhibitoire à son émancipation, à son expansion.

Continuez de le mener par le bout du nez. Un moment ou l’autre, il sortira de sa léthargie pour clouer au pilori et vouer aux gémonies vos excentricités, lesquelles tomberont d’ailleurs comme des capucins de cartes. Et, à ce moment-là, vous subirez la honte, l’humiliation du siècle et passez par les fourches caudines.

Ce peuple fait fond sur vous et s’en rapporte à vos effets d’annonce et cadeau de père Noël et vous ne trouvez pas mieux que de le traiter telle une serpillère, une sous-merde.

Une chose est sûre, vous ne pourrez plus mettre cela au compte de la maladresse politique, au compte du fait que vous avez eu par moment deux mains gauches, car nulle bêtise ne peut demeurer indéfinie. On apprend toujours de ses erreurs.

Girouettes éhontées qu’elles représentent, n’en demeurent pas moins des suppôts de Satan pour ad vitam aeternam un retournement de veste, tant et si bien que cela leur colle dans le bout des ongles. Aucune estime pour leurs militants et sympathisants.

La patrie et le patriotisme qui devaient être leur cheval de bataille et fil d’Ariane dans leur positionnement politique ne demeurent  pas plus chez eux que du beurre en broche. Tous des avatars.

Sur ces entrefaites, l’on est en droit d’avoir de la frousse pour les futures générations, car tout est gangrené de bout en bout dans notre pays.

De l’opposition en passant par la mouvance. Chacune d’entre elle enfile la tunique Rastignac comme bon lui semble en faisant pièce à la bienséance, l’éthique et même à la pudeur. Cela m’amène à penser à William Shakespeare dans son célèbre Hamlet: « Something is rotten in the state of Denmark », « il y a quelque chose de pourri au Royaume de Danemark », comme pour dire qu’il y a un gros problème sous-jacent en Guinée.

On ne sait plus à quel saint se vouer. Tout va de mal en pis.

L’image que nous renvoient nos élites est celle de la versatilité, de l’inconstance pour boire du petit lait à n’importe quel prix afin de garnir son compte en banque et éviter que les gens pensent que l’on se mouche avec des pelures d’oignons.

L’opposition qui est censée être un véritable contre-pouvoir ne cache plus son affairisme. Se laisse aller à des calculs politiques. Cela, au grand dam des masses publiques. Même pour la composition des institutions, leviers de développement pour toute nation, elle ne renâcle pas à se prêter à ce trafic malsain et insipide. Et lorsqu’elle n’arrive pas à se trouver de quoi se mettre sous la dent, c’est le gaz qui prend de l’eau sur les chapeaux de roues et le pauvre peuple en paie les frais avec des manifestations intempestives, lancées au débotté.

Le peuple se doit de crier haro sur le baudet afin de pallier ces choses qui nous font patauger.

L’inquiétude pour mon pays réside dans ma chair, mon âme, dans mon esprit et dans mon corps.

Cheikh Sylla, analyste politique

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