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Justice : Des avocats dénoncent des interpellations illégales des citoyens par des agents de sécurité


Le collectif des avocats de Guinée a fustigé jeudi, en conférence de presse à Conakry, les conditions d’arrestations et d’incarcération illégales des citoyens guinéens par les agents des forces de sécurité. C’est le cas de leur client Mamadou Alimou Barry, illégalement détenu à la CMIS de Bambeto.

Devant les journalistes, Me Sékou Koundiano a expliqué l’objectif de cette conférence qui vise, selon lui, à dénoncer la procédure et les conditions de détention de Mamadou Alimou Barry qui, soutient l’avocat, est une preuve éloquente d’une violation systématique de la légalité.

« Nous sommes venus porter à la connaissance de la presse la situation d’un client qui se trouve embastillé dans les locaux de la CMIS de Bambeto depuis le 19 avril dernier. Aujourd’hui, ce qui est sûr et certain, c’est qu’il est séquestré par des forces que nous n’arrivons pas à déterminer. Car, jusque-là nous ne connaissons pas les motifs de son arrestation. Ce qui est contraire à notre constitution qui dispose que nul ne peut être arrêté sans motif valable et dans la mesure où il ne peut pas faire l’objet de discussion, le motif n’est pas valable. Il est arrêté au-delà du délai de la garde-à-vue qui est de 48 heures et prorogeable une seule fois », a-t-il dénoncé.

Abondant dans le même sens, Dr Fodé Maréga s’est dit indigné de la précarité de la justice guinéenne qui est aujourd’hui caractérisée par la culture d’aveu en lieu et place de celle des preuves.

« Je suis là aujourd’hui pour m’indigner. Des personnes qui sont kidnappées dans la rue, cagoulées et envoyées au commissariat. Vous savez, dans ce pays, c’est la culture de l’aveu et non la culture de la preuve. Donc nous, nous disons que c’est inhumain, atroce. Nous souhaitons que cet individu sorte de prison, qu’il y ait une culture de preuve, qu’il y ait des enquêtes normales qui aboutissent à une inculpation et à partir de ce moment-là qu’on puisse avoir des avocats avec tout le circuit juridique pour nous permettre d’être de bons citoyens », a indiqué Dr Maréga, ce militant des droits de l’homme et membre de l’association des victimes du Camp Boiro.

Faisant partie du collectif des avocats, Me Abdoul Kagbèlè Camara a estimé que l’heure est grave avec une situation qui doit interpeller la conscience de tout un chacun sur la violation des principes fondamentaux de notre pays.

« L’heure est grave pour tous les citoyens guinéens parce que nous nous souvenons du cortège de morts, d’arrestations illégales et arbitraires, de jugements expéditifs du premier régime, du second. Nous nous souvenons du temps où celui qui est au pouvoir aujourd’hui a été interpellé et tout le monde s’est levé à l’époque pour dire non à l’injustice parce que nous souhaitons un État de justice et de droit. L’heure est grave parce que nous constatons qu’à ce jour, notre constitution est gravement violée ainsi que les libertés fondamentales alors que tant d’espoir était fondé sur la 3e République », a déploré Me Kabèlè, l’ex-ministre de la sécurité.

Boubacar Sidy Bah

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