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Massacre du 28 septembre: L’association des victimes déplore un manque de volonté politique


Dix après le massacre d’une centaine de personnes en 2019, selon l’ONU, au stade du même nom, par des gardes proches du capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte d’alors, Conakryinfos a rencontré cette semaine, Mme Asmaou Diallo, la présidente de l’association des victimes, parents et amis du massacre du 28 septembre, pour parler de leurs démarches menées pour la tenue du procès des auteurs présumés. Lisez plutôt.

Conakryinfos : En tant que défenseur des victimes dans ce dossier, est-ce qu’il y a eu des avancées dans vos démarches ? »

Asmaou Diallo : Durant ces 10 ans, il y a eu des avancées, telles que :  les inculpations, la mise en place d’un comité de pilotage qui doit chercher des moyens afin d’organiser un procès digne. Mais il y a aussi l’annonce du lieu qui doit abriter le procès et aussi le montant que l’assemblée a voté, à hauteur de 2 milliards. Voilà ce qui est fait.

A part cette lenteur de la tenue du procès, les victimes que vous défendez ont-elles d’autres préoccupations majeures ?

Oui, on a un véritable problème, notamment l’état de santé des victimes, qui est vraiment fragile. On a besoin d’appui pour les soutenir au niveau médical, au niveau psychologique. Si ce n’est pas au niveau de nos partenaires de l’international, on arrive pas du tout de venir au secours de ces victimes.

Avec l’appui de vos partenaires, que faites-vous pour ces victimes ?

Avec nos partenaires internationaux, nous réussissons à les assister, surtout les dames dans des activités génératrices de revenus. Elles sont en train de faire la saponification et la teinture. Donc ça les occupe un peu ; elles réussissent quand même à vivre dans cette activité. Mais ça ne suffit pas, parce que c’est des mères de famille. Elles ont des enfants qu’elles doivent nourrir, leur scolarisation et leur santé.

A ce jour, qu’est-ce que vous réclamez pour ces victimes ?

Nous réclamons justice et nous voulons aussi que l’Etat pense à prendre les victimes au niveau national, les reconnaitre comme des victimes. On ne doit pas oublier que c’est l’engagement de ces victimes au niveau du stade qui nous a permis d’avoir un président démocratiquement élu. Alors je pourrai dire que ce sont des personnes qu’il faut respecter, qu’il faut vraiment prendre à bras le corps. Il ne faudrait pas qu’on les rejette ; il ne faudrait pas qu’on rejette l’association des victimes. Car, c’est des personnes qui nous ont donné tout. C’est grâce à ces pauvres gens qui ont subi tout ce qu’ils ont subi, qu’on parle de démocratie dans notre pays.

A quand la tenue du procès du massacre du 28 septembre ?

A ce niveau on se pose la même question que vous. A quand cette date ? On va rester à l’écoute comme toujours pour voir. Mais on ne souhaite pas que cela reste des mois encore. On souhaite vraiment avoir cette date rapidement. Mais l’autre point essentiel dans ce procès, c’est le choix des magistrats. C’est extrêmement important.

Que faites-vous concrètement pour accélérer l’organisation du procès par le gouvernement guinéen ?

Ce que nous faisons, nous continuons toujours de faire nos plaidoyers auprès des autorités et des partenaires internationaux nous assistent. On est en train de faire des pressions. C’est ce que nous pouvons faire. Il faut qu’on dialogue, parce que nous estimons que ce n’est pas le gouvernement actuel qui a fait ce qui s’est passé au stade. Alors qu’est-ce qui les empêche d’organiser ce procès ? Voilà pourquoi il faut qu’on vienne intelligemment vers eux pour discuter pour qu’on trouve ce que nous nous voulons. C’est ce procès que nous voulons.

Dix ans après le massacre du 28 septembre, pensez-vous toujours à la tenue d’un procès sur cette tragédie ?

Oui nous espérons que le procès aura lieu, sinon on aurait abandonné. Mais on a voulu qu’il se tienne et on a l’espoir que ça va se tenir. Je ne dis pas que c’est aujourd’hui ou demain, mais ça va arriver. Parce que ce dossier est incontournable. Il sera jugé, quel que soit. Que ce soit au temps du président Alpha Condé ou au temps d’un autre président de la République. En tout cas, ce procès se tiendra. Mais nous voulons que ce soit au temps d’Alpha Condé, parce qu’il est le premier président démocratiquement élu après les évènements du 28 septembre 2009.

Merci Madame.

C’est à moi de vous remercier

 

Siradio Kaalan DIALLO

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