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Coronavirus : Une émeute accueille les évacués en Ukraine


Des dizaines de manifestants ont affronté la police jeudi dans un village du centre de l’Ukraine où environ 70 personnes, Ukrainiens et étrangers, devaient être placés en quarantaine après avoir été évacués de Chine, frappée par le nouveau coronavirus.

Par peur de la propagation de l’épidémie, les manifestants rassemblés là dès la matinée ont bloqué la route menant vers l’hôpital qui accueillera les évacués de Chine, y allumant des feux, selon les chaînes de télévision ukrainiennes.

PHOTO GARDES-FRONTIÈRES DE L’UKRAINE, VIA REUTERS

Les évacués –en majorité des Ukrainiens–, arrivant de Chine à l’aéroport de Kharkiv, en Ukraine, pour une quarantaine supervisée par le ministère de la Santé.

Des centaines de policiers anti-émeute déployés sur place ont fini par repousser les manifestants dans la soirée afin de dégager la route.  Sous protection policière, les bus transportant les évacués, certains ayant des vitres brisées, ont finalement réussi à pénétrer dans l’enceinte de la clinique.

Les passagers, parmi lesquels au moins une famille avec des enfants, avaient tous des masques sur leurs visages. Plusieurs faisaient un salut de la main ou brandissaient des petits drapeaux ukrainiens tandis que d’autres se cachaient derrière les rideaux.

PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS

Des manifestants protestant contre l’arrivée des évacués au village de Novi Sanjary. Les protestataires ont bloqué la route menant à un hôpital militaire où les évacués doivent passer au moins 14 jours en quarantaine.

Sur les réseaux sociaux, nombre d’Ukrainiens condamnaient ces protestations et disaient en avoir honte.

L’avion, transportant 45 Ukrainiens et 27 ressortissants d’autres pays en provenance de Wuhan, la ville chinoise où est apparu en décembre le virus, avait atterri à Kharkiv (est) en fin de matinée, selon des journalistes de l’AFP.

PHOTO SERGEI SUPINSKY, AFP

Des évacués -en majorité des Ukrainiens- arrivant de Chine, en route vers le village de Novi Sanjary, où ils doivent passer 14 jours en quarantaine dans un hôpital militaire.

Les passagers ont ensuite été transportés en bus dans la petite ville de Novi Sanjary (région de Poltava) pour y être placés en quarantaine pendant 14 jours dans un hôpital militaire.

Le premier ministre sur place

Dans la matinée, un groupe d’habitants avait bloqué la route pour empêcher leur arrivée. La police régionale a alors fait état de premières échauffourées et au moins deux blindés ont été déployés sur place.

Composée d’abord de quelques dizaines de personnes, la foule a grossi jusqu’à réunir des centaines de personnes au fil de la journée.

PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS

Bienvenue à Novi Sanjary et prompt rétablissement ! Un manifestant lance une brique sur un fourgon policier, durant une manifestation qui a tourné à l’émeute. Une foule en colère a bloqué la route menant à l’hôpital militaire devant accueillir des évacués pour la plupart ukrainiens, pour une quarantaine de 14 jours.

Le président Volodymyr Zelensky a tenté d’apaiser les craintes, assurant sur Facebook que les personnes évacuées allaient être « complètement isolées ».

« Tout le possible et l’impossible ont été faits pour garantir que le virus ne pénétrerait pas en Ukraine », a-t-il poursuivi avant de s’en prendre aux protestataires.

Les tentatives de bloquer des routes et les hôpitaux, de ne pas laisser des Ukrainiens retourner en Ukraine, ne montrent pas notre bon côté.

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky.

Le ministère de la Santé a assuré qu’aucune personne malade n’avait été admise à bord de l’avion alors que le ministre de l’Intérieur et des responsables régionaux sont arrivés sur place pour tenter de calmer les habitants. Dans la soirée, le premier ministre Oleksiï Gontcharouk a annoncé qu’il s’y rendait également.

PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS

Des pompiers dégagent la route sur laquelle les manifestants avaient mis le feu à des barricades au village ukrainien de Novi Sanjary. .

« Il s’agit de gens absolument en bonne santé […] Ils ont passé deux contrôles de médecins chinois, puis deux cordons de nos médecins », a assuré le ministre Arsen Avakov devant la foule en colère. « Si vous continuez de résister à la police, vous allez être interpellés », a-t-il poursuivi.

Bien sûr que nous allons opposer de la résistance !

Une manifestante, hurlant sa réponse à la mise en garde du ministre Arsen Avakov.

PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS

Des policiers antiémeute aux prises avec une manifestante les filmant avec son téléphone portable.

Des protestations ont éclaté également ces derniers jours dans plusieurs localités d’Ukraine occidentale.

Le personnel d’une clinique se joignent aux protestations

À Vynnyky, des employés d’une clinique s’y sont joints, selon plusieurs médias ukrainiens. Les autorités avaient dit avoir sélectionné quatre sites d’accueil, sans dévoiler leur emplacement.

Aucun cas de coronavirus n’a encore été enregistré en Ukraine, située entre la Russie et l’Union européenne, mais son système de santé public largement défaillant semble mal préparé au défi du nouveau coronavirus, ce qui renforce les craintes de la population.

Huit Argentins, deux Costaricains, cinq Equatoriens, un Israélien, un Monténégrin, un Panaméen, quatre Salvadoriens et cinq ressortissants de République dominicaine ont été évacués par Kiev. Une Kazakhe est par ailleurs descendue au cours d’une escale à Almaty.

Source : AFP

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