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Me Hamidou Barry : « Le message du président Alpha Condé n’est pas un discours rassembleur »


En tournée à l’intérieur du pays, le président Alpha Condé a animé un meeting le jeudi 20 février 2020 à Faranah. Devant des militants du parti au pouvoir le chef de l’Etat a, à propos du scrutin législatif et référendaire prévu le 1er mars 2020 déclaré :

« Le jour de lélection, quiconque tente de saccager les urnes, frappez-le. Mettez les enfants pour surveiller les urnes. Mobilisez les enfants. Au dix jeunes par bureau de vote »

Ce discours tenu à un moment où la Guinée est plongée dans une profonde crise politique a suscité une vague de réactions au sein l’opinion.

Maître Hamidou Barry, avocat à la Cour et Président de la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale ne semble pas croire qu’il   puisse venir d’un chef d’État. Il le trouve plutôt incitateur à la violence.

« Un tel discours de monsieur le président, Alpha Condé ne rassemble pas, ce discours oppose plutôt les guinéens voire incite à la violence parce que nous sommes dans une situation très tendue », a fait remarqué le président de la CGC PI.

Cet avocat se rappelle aussi de l’appel à l’affrontement, lancé par le chef de l’Etat, il y a juste quelques mois au siège du RPG.

« On se rappelle une fois aussi où il a appelé à l’affrontement, c’était au siège du parti au pouvoir même. Moi je crois que le Président de la République, compte tenu de la situation actuelle du pays qui est très difficile, surtout que nous avons connu beaucoup de cas de violations des Droits de l’Homme, ne devrait pas tenir de tels propos », a déploré l’activiste des Droits de l’Homme.

Après ce discours musclé du président Alpha Condé, si ses instructions arrivent à être exécutées, cela aura des conséquences directes sur les auteurs, poursuit l’avocat. Car, pour lui, et le casseur de bureau
de vote et le celui qui agresse celui-ci, devront tous être poursuivis par la loi.

« La loi a tout prévu. Celui qui casse un bureau de vote doit être poursuivi et jugé conformément à la loi, mais celui aussi qui porte des coups et blessures contre celui qui casse, doit aussi être jugé. Dans l’un ou l’autre cas, toutes ces personnes doivent être poursuivies », a précisé maître Hamidou Barry.

Ce défenseur des Droits humains a également dénoncé des arrestations de citoyens à travers le pays. Il qualifie d’ailleurs ces arrestations de ” disparitions forcées”, comme le stipule la loi. Maître Hamidou Barry estime que cela doit cesser dans le pays.

Entretien réalisé par Siradio Kaalan Diallo
Tel: 622 56 62 43

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